
Cybercrime Policier
Un réseau de trafic d’informations confidentielles a été démantelé en région parisienne. Une jeune fonctionnaire de police est accusée d’avoir monnayé son accès aux bases de données sensibles pour en extraire des renseignements qu’elle revendait ensuite via les réseaux sociaux, avec la complicité de son partenaire.
Un commerce lucratif sur Snapchat
Depuis le début de l’année 2024, le couple avait mis en place un système bien rodé. La policière de 25 ans, affectée à la surveillance de bâtiments, profitait de son accès aux fichiers pour consulter des informations confidentielles. Son compagnon de 31 ans se chargeait quant à lui de la prospection commerciale sur Snapchat, où il publiait des annonces proposant ces services illégaux.
Le tarif variait selon la nature des informations demandées. Une simple fiche coûtait 30 euros, tandis que l’accès au fichier des personnes recherchées (FPR) était facturé 150 euros. Pour la levée d’immobilisation d’un véhicule, le prix grimpait jusqu’à 250 euros.
L’enquête a révélé que la fonctionnaire aurait consulté une vingtaine de fiches au total. Des mouvements financiers suspects ont été détectés sur son compte, avec des virements allant de 15 à 5 000 euros provenant des personnes concernées par les fiches consultées.
Une enquête déclenchée par une story
C’est en mai dernier que les enquêteurs de l’Office anti-cybercriminalité (Ofac) ont repéré sur Snapchat une publication proposant ouvertement la consultation de fichiers de police. Cette découverte a immédiatement déclenché une enquête approfondie qui a mené jusqu’à la fonctionnaire et son compagnon.
Le couple a finalement été interpellé et placé en garde à vue lundi dernier. Les investigations ont permis de mettre au jour l’ampleur de leurs activités illicites et la gravité des informations compromises.
Des fichiers ultra-sensibles
Parmi les données consultées figurait notamment le Fichier des Personnes Recherchées (FPR), un outil particulièrement sensible qui sert à rechercher, surveiller ou contrôler certaines personnes à la demande des autorités judiciaires, administratives ou des services de police et de gendarmerie.
Ce fichier contient notamment les fameuses « fiches S », qui concernent les individus soupçonnés de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’État. La divulgation de telles informations représente donc un risque majeur pour la sécurité publique.
Des poursuites judiciaires lourdes
À l’issue de leur garde à vue, les deux suspects ont été placés sous contrôle judiciaire pour plusieurs chefs d’accusation : « détournement de la finalité d’un fichier », « transmission frauduleuse des données », « violation du secret professionnel », et « corruption active et passive ».
Le tribunal correctionnel de Paris examinera cette affaire le 15 juin 2026. En attendant, les deux prévenus ont interdiction de se contacter, et la policière s’est vue notifier une interdiction « d’exercer toute fonction publique ».
Cette affaire soulève de sérieuses questions sur la protection des données sensibles et le contrôle des accès aux fichiers de police, dans un contexte où la cybercriminalité ne cesse de se sophistiquer.

Plus besoin de hacker les fichiers s’il suffit de les acheter. De toute façon, en informatique, le plus gros problème de sécurité se trouve entre la chaise et le clavier.