
Tariq Ramadan ©Capture d'écran RTS
Le procès très attendu de Tariq Ramadan s’est ouvert sans son principal protagoniste. L’intellectuel suisse, poursuivi pour des faits de viols présumés sur trois femmes, n’a pas comparu devant le tribunal, invoquant des raisons médicales. Une absence qui suscite incompréhension et inquiétude chez les plaignantes présentes.
Une hospitalisation en Suisse qui bloque les débats
Tariq Ramadan se trouve actuellement hospitalisé à Genève en raison de troubles neurologiques. Son avocat a formellement justifié cette absence par des motifs médicaux, insistant sur le fait que son client a globalement respecté les conditions de son contrôle judiciaire depuis 2018.
Toutefois, l’accusé est également soupçonné d’avoir violé son contrôle judiciaire en se rendant en Suisse, une accusation qui vient s’ajouter au dossier déjà lourd qui pèse sur lui.
Trois femmes accusent l’islamologue de viols
Les accusations à l’encontre de Tariq Ramadan remontent à 2009. La première plaignante, identifiée sous le pseudonyme de « Christelle », affirme avoir été violée à Lyon cette année-là. Elle souffre par ailleurs d’un handicap.
En 2012, une deuxième agression aurait eu lieu, cette fois impliquant Henda Ayari, qui sera la première à dénoncer publiquement l’intellectuel en 2017, portée par la vague du mouvement #MeToo.
Une troisième victime, restée anonyme, accuse également Tariq Ramadan d’un viol commis en 2016. L’ensemble de ces agressions présumées s’échelonnerait donc sur près de sept années.
Les plaignantes présentes malgré tout
Deux des trois plaignantes ont fait le déplacement au tribunal, déterminées à obtenir justice malgré l’absence de l’accusé. Leur présence témoigne de leur volonté de voir cette affaire jugée après des années d’attente.
Me David-Olivier Kaminski, l’avocat de Henda Ayari, a exprimé sa profonde inquiétude face à la situation. Il s’interroge sur les conséquences d’un éventuel report et dénonce le flou qui entoure désormais le déroulement du procès.
Un contrôle judiciaire qui dure depuis 2018
Placé sous contrôle judiciaire depuis six ans, Tariq Ramadan voit son dossier judiciaire se complexifier. Si son avocat affirme qu’il a respecté les obligations imposées, le déplacement en Suisse soulève des questions sur le respect effectif de ces mesures.
L’affaire, qui a éclaté publiquement en 2017 dans le contexte du mouvement mondial de libération de la parole des victimes de violences sexuelles, marque un tournant dans la trajectoire de l’intellectuel autrefois très médiatisé.

Extradition, condamnation, stérilisation. Au suivant !