
Rachida Dati
La bataille pour l’hôtel de ville entre dans sa phase décisive. Après vingt-quatre années de gouvernance socialiste ininterrompue, Paris s’interroge : la capitale basculera-t-elle à droite ou confirmera-t-elle son ancrage à gauche ? Le verdict du premier tour, tombé dimanche, dessine un paysage politique fragmenté où cinq candidats restent en lice pour diriger la ville lumière.
Un scrutin dominé par Emmanuel Grégoire
Le candidat de l’union de la gauche hors LFI s’impose largement en tête du premier tour organisé le 15 mars. Selon les estimations Toluna Harris Interactive pour RTL et M6, Emmanuel Grégoire récolte 38% des suffrages exprimés, creusant un écart significatif avec ses poursuivants.
Cette performance conforte la stratégie d’une gauche rassemblée, même si des voix dissidentes subsistent dans le paysage politique parisien.
Rachida Dati en embuscade
La candidate de la droite et du MoDem termine deuxième avec 23,9% des voix. Un score qui la maintient dans la course mais révèle l’ampleur du défi à relever d’ici le second tour, prévu pour mars.
Son positionnement face aux candidats d’extrême droite constituera un enjeu majeur des prochains jours. Sarah Knafo, arrivée cinquième avec 10% des électeurs, souhaite fusionner avec sa liste. Rachida Dati s’y oppose catégoriquement.
Un centre et une extrême gauche à égalité
Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Horizons et Renaissance, et Sophia Chikirou, représentante de La France insoumise, obtiennent chacun 12,5% des voix. Leurs décisions d’ici le second tour pourraient faire basculer l’élection.
La candidate insoumise a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne s’allierait pas à la liste d’union de la gauche. Le candidat du centre maintient quant à lui le suspense sur sa stratégie.
Une campagne marquée par les tensions
Les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire ont empoisonné les dernières semaines de campagne. Rachida Dati a affirmé deux fois à la radio cette semaine qu’Emmanuel Grégoire, qu’elle juge responsable de ce « scandale », « serait convoqué par la justice après les municipales ».
Face aux accusations, Emmanuel Grégoire s’est engagé à « tout revoir, tout changer », avec « une obligation de résultats immédiats ». Les échanges reflètent la violence d’une campagne où chaque camp cherche à disqualifier l’adversaire.
Un scrutin aux modalités inédites
Les Parisiens ont découvert dimanche un nouveau mode de scrutin. Chaque électeur a glissé deux bulletins dans l’urne : un pour le conseil d’arrondissement, un autre pour le conseil municipal.
Ce changement résulte d’une réforme de la loi PLM concernant Paris, Lyon et Marseille. Auparavant, les électeurs choisissaient des conseillers d’arrondissement, dont les têtes de liste siégeaient automatiquement au conseil municipal.
Désormais, les 163 conseillers de Paris choisiront directement le ou la maire le 29 mars, dans une configuration qui promet d’intenses tractations.
La fin d’une ère socialiste ?
L’hôtel de ville est aux mains du Parti socialiste depuis 2001. Bertrand Delanoë a ouvert la voie avant de céder la place à Anne Hidalgo, première femme maire de la capitale en 2014, réélue en 2020 avec 49,3% des voix face à Rachida Dati (31,7%) et Agnès Buzyn (13,7%).
Après douze années de mandat, son bilan divise profondément. L’accélération de la végétalisation, la piétonnisation et le développement de 1 500 km de pistes cyclables sont salués par les uns, critiqués par les autres.
Les points noirs du bilan Hidalgo
La question du logement cristallise les mécontentements. Les loyers ont grimpé tandis que l’offre locative s’est raréfiée, avec près d’un logement sur cinq vacant dans la capitale.
La propreté constitue l’autre talon d’Achille de la mandature sortante. En 2025, 71% des Parisiens se disaient mécontents de son bilan sur ce sujet crucial du quotidien.
La privatisation des déchets en débat
Les candidats de droite et d’extrême droite proposent de privatiser la collecte des déchets. Ils estiment que le secteur privé, déjà en charge de la moitié des arrondissements, ferait mieux que le service public.
Cette proposition illustre la ligne de fracture entre les différents projets pour Paris. Le second tour s’annonce extrêmement serré, pouvant mener soit à la continuité à gauche, soit à une bascule historique à droite.

Ils n’y a plus le choix, et comme le disait Sarah Knafo ils y quelques mois, dans un duel de second tour, voter pour le candidat le plus à droite …..
Donc tous derrière Dati, bien que personnellement je préfère de loin Knafo.
Pareil mais je ne suis pas étonné des parisiens, ils préfèrent les fraudeurs ou les tricheurs…..
Pas d’alliance, échec et mat pour Dati.Elle pourra,ne sans prendre qu’à elle. L’union fait la force.