
Port en flammes sous tensions régionales
Le conflit au Moyen-Orient s’intensifie dangereusement, marquant ce samedi 28 mars 2026 par une série d’incidents meurtriers qui touchent désormais directement les professionnels de l’information et les civils. Alors que la guerre entre dans son deuxième mois sans perspective de résolution rapide, les bombardements se multiplient entre Israël et l’Iran, entraînant une spirale de violence régionale.
Une frappe meurtrière contre des journalistes libanais
Dans le sud du Liban, une attaque israélienne a coûté la vie à trois journalistes libanais qui se trouvaient à bord de leur véhicule. Parmi les victimes figurent Fatima Ftouni, correspondante pour la chaîne Al-Mayadeen, Ali Shouaib, qui travaillait pour Al-Manar, ainsi que le frère de Mme Ftouni qui officiait comme caméraman.
L’État hébreu a justifié cette frappe en affirmant qu’Ali Shouaib était en réalité « un membre de la force al-Radwan, unité d’élite du Hezbollah, qui opérait depuis des années sous la couverture d’un journaliste ». Une version fermement contestée par les autorités libanaises.
Le président libanais n’a pas tardé à réagir, dénonçant un « crime flagrant » et une violation manifeste du droit international. Cette attaque s’inscrit dans un contexte de violence accrue contre les professionnels de l’information dans la région.
Le personnel médical dans la ligne de mire
Outre les journalistes, le secteur de la santé paie un lourd tribut depuis le début des hostilités le 2 mars. Pas moins de 51 membres du personnel soignant ont perdu la vie dans des bombardements israéliens, dont 5 soignants et 46 secouristes.
Samedi a été particulièrement meurtrier avec neuf secouristes tués en une seule journée. Quatre appartenaient à l’Autorité islamique de santé, affiliée au Hezbollah, tandis que cinq autres travaillaient pour l’association des scouts Risala, proche du parti chiite Amal.
Des infrastructures médicales ciblées
Les installations de santé n’échappent pas aux attaques. Neuf hôpitaux situés dans le sud du pays ont été directement visés, et les autorités libanaises recensent 75 attaques contre les services de secours et de santé depuis le début du conflit.
Intensification des frappes israéliennes au Liban
L’armée israélienne poursuit ses opérations aériennes sur plusieurs localités du sud libanais, notamment Majdal Selm, Kafra, Hanniyeh, Touline, Adloun, Nabatiyeh et diverses villes frontalières. L’État-major justifie ces raids comme des frappes « contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à travers le Liban ».
Selon Tel-Aviv, les opérations ont également ciblé « les principales installations du programme d’armement nucléaire d’Arak et de Yazd, ainsi que des sites de production d’armes des forces du régime iranien ». L’armée israélienne revendique l’élimination de deux responsables de l’unité de communications du Hezbollah.
Le Hezbollah riposte
Le mouvement chiite libanais n’est pas resté inactif. Il a revendiqué plusieurs attaques contre des positions israéliennes, notamment la destruction d’un char Merkava à Debel au moyen d’un drone, ainsi qu’un tir de roquettes visant le quartier général du Commandement Nord de l’armée israélienne près de Safed.
L’Iran sous les bombes américano-israéliennes
Sur le territoire iranien, les frappes conjointes américano-israéliennes ont provoqué au moins 12 décès dans des zones habitées. Sept personnes ont perdu la vie à Boroudjerd et cinq autres à Zandjan, sans compter de nombreux blessés.
À Téhéran, des explosions ont retenti près de l’Université des sciences et de la technologie, heureusement sans faire de victimes. L’armée israélienne a confirmé avoir frappé des « cibles du régime terroriste iranien à Téhéran ».
La centrale nucléaire de Bouchehr à nouveau attaquée
L’Iran a signalé une troisième attaque en dix jours contre sa centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud du pays. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est voulue rassurante, citant des responsables iraniens : « Aucun dommage sur le réacteur actif et aucune émission de radiation n’ont été signalés, et les conditions de la centrale sont normales ».
Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, a néanmoins lancé un appel urgent « à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d’un accident nucléaire », soulignant les dangers d’une escalade incontrôlée.
Découverte de mines américaines
Des mines antichars d’origine américaine ont été découvertes à deux endroits différents dans le sud de l’Iran, près de Shiraz. Le New York Times a authentifié les images montrant ces dispositifs, témoignant d’une nouvelle dimension dans le conflit.
Israël sous le feu des missiles
L’État hébreu n’est pas épargné par les ripostes. Des sirènes d’alerte ont retenti à Jérusalem après des tirs de missiles iraniens, tandis que l’armée israélienne a dû faire face à un missile lancé depuis le Yémen.
Les Houthis yéménites ont revendiqué ce premier tir de missile contre Israël depuis le début de la guerre, affirmant avoir visé des installations militaires. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a proféré des menaces explicites : « Nous sommes prêts à une intervention militaire directe en cas de nouvelle alliance avec les États-Unis et Israël contre l’Iran (…), de conduite d’opérations hostiles à l’Iran ou tout pays musulman depuis la mer Rouge (…), et en cas de poursuite de l’escalade contre la République islamique » d’Iran.
Ces attaques ont causé au moins trois morts et quatre blessés en Israël, dont une victime à Tel-Aviv et deux blessés dans le sud du pays touchés par des éclats d’obus.
Les forces américaines frappées en Arabie Saoudite
Une attaque iranienne particulièrement audacieuse a visé la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj, en Arabie Saoudite. Au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, lors d’un assaut combinant au moins un missile et plusieurs drones.
Les dégâts matériels sont conséquents, avec plusieurs avions de ravitaillement endommagés. Depuis le 28 février, le bilan pour les forces américaines s’alourdit : treize militaires tués et plus de 300 blessés dans l’ensemble de la région.
L’Iran étend ses opérations dans le Golfe
Attaque contre Oman
L’armée iranienne a annoncé avoir ciblé un navire logistique américain près du port de Salalah, en Oman. Une attaque de drone a effectivement touché le port, blessant un ouvrier et causant des dégâts limités. Les autorités ont néanmoins évacué le port pendant 48 heures et suspendu toutes les opérations.
Frappes aux Émirats arabes unis
Aux Émirats arabes unis, la compagnie Emirates Global Aluminium a rapporté d’importants dégâts sur un site à Abou Dhabi après une attaque combinée de drones et de missiles. L’incident a provoqué des incendies dans la zone industrielle d’Al-Tawila, faisant plusieurs blessés, dont cinq de nationalité indienne.
Téhéran a justifié cette opération en affirmant avoir ciblé et détruit un dépôt de systèmes anti-drones ukrainiens qui servirait, selon l’Iran, à soutenir les forces américaines. Une accusation formellement démentie par Kiev.
Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Gueorguiï Tykhy, a qualifié ces allégations de « mensonge » et de « désinformation », ajoutant : « Le régime iranien mène souvent ce type d’opérations de désinformation – et, en cela, il n’est pas différent des Russes ».
Tensions en Irak et au Koweït
En Irak, Washington et Bagdad ont annoncé le renforcement de leur coopération sécuritaire avec la création d’un « haut comité conjoint ». L’objectif : « empêcher les attaques » contre les forces de sécurité irakiennes, les installations stratégiques, le personnel américain et les missions diplomatiques, menées par des groupes armés pro-iraniens.
Une attaque de drone a visé une résidence du président du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani, tandis qu’une forte explosion a retenti près de l’aéroport d’Erbil, où sont basés des conseillers américains.
Au Koweït, l’aéroport international a subi une attaque de drones qui a causé d’importants dégâts au système radar, sans faire de victimes.
Initiatives diplomatiques pour sortir de la crise
Le Pakistan médiateur
Le président iranien Massoud Pezeshkian a salué les efforts de médiation du Pakistan visant à mettre fin aux hostilités avec les États-Unis et Israël. Une réunion cruciale est prévue les 29 et 30 mars à Islamabad, rassemblant les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte et de la Turquie.
Espoirs de négociations directes
L’émissaire américain Steve Witkoff a exprimé son espoir que des réunions directes entre l’Iran et Washington se tiennent dans la semaine pour tenter de mettre fin à la guerre. Les États-Unis affirment par ailleurs que leurs objectifs militaires seront atteints « d’ici deux semaines ».
Coopération Qatar-Ukraine
Dans ce contexte régional troublé, le Qatar et l’Ukraine ont signé un accord de défense incluant une coopération pour lutter contre les menaces de missiles et de drones, témoignant des alliances inédites que suscite ce conflit.
Le détroit d’Ormuz, enjeu stratégique crucial
La Thaïlande a annoncé avoir conclu un accord avec l’Iran pour permettre le passage « en toute sécurité » de ses navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul s’est félicité de cet accord qui devrait « apaiser les inquiétudes concernant l’acheminement de carburant vers la Thaïlande ». Il a ajouté : « Avec cet accord, nous sommes confiants de ne plus avoir à connaître de perturbations comme celles observées début mars ».
Le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a précisé que la Thaïlande n’était « pas partie au conflit et avait le droit à un passage maritime sûr en vertu du droit international ». Le mécanisme prévoit que « la Thaïlande informera l’Iran à l’avance de tout navire traversant le détroit et l’Iran répondra en conséquence ».
L’Indonésie mène actuellement des pourparlers similaires avec l’Iran, qui aurait répondu favorablement à cette demande.
Washington face à des défis stratégiques majeurs
Trump menace l’OTAN
Donald Trump a lancé un avertissement sans précédent à l’OTAN, déclarant que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide à l’Alliance atlantique en cas de besoin. Le président américain critique vertement le manque de soutien des alliés pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
« Ils n’étaient tout simplement pas là », a-t-il déploré, ajoutant : « Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l’Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n’avons plus à l’être, n’est-ce pas ? »
Stocks de missiles Tomahawk préoccupants
L’utilisation massive de plus de 850 missiles Tomahawk en un mois contre l’Iran inquiète sérieusement le Pentagone concernant la disponibilité des stocks. Cette consommation rapide de munitions de précision pose des questions sur la capacité de Washington à maintenir l’intensité des frappes.
Incident sur le porte-avions Gerald Ford
Le porte-avions USS Gerald Ford est arrivé à Split, en Croatie, pour une maintenance programmée après un incendie survenu le 12 mars dans « la buanderie principale » alors qu’il se trouvait en mer Rouge. Cet incident illustre les difficultés logistiques rencontrées par les forces américaines dans la région.
Violence en Cisjordanie occupée
Le conflit se poursuit également en Cisjordanie où Adham Sayed Saleh Dahman, un adolescent de 15 ans, a été tué par des tirs de soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de Bethléem.
L’armée israélienne a affirmé avoir « répondu » à une « menace », une version contestée par les témoins. Un autre Palestinien a été blessé lors de cet incident qui s’ajoute à la longue liste des victimes dans les territoires occupés.
