
Scrutin insulaire unique
Après des mois sans équipe dirigeante, la petite île bretonne s’apprête à retrouver un maire et un conseil municipal. Une situation inédite qui avait contraint l’État à nommer une administration temporaire pour gérer les affaires courantes de cette commune insulaire.
Une île sans candidats, un vide politique exceptionnel
Située au large du Finistère, Molène s’étend sur à peine 0,7 km² et abrite une population de 176 âmes. En mars dernier, ce petit territoire insulaire s’est retrouvé dans une impasse démocratique : aucun candidat ne s’était manifesté pour briguer un siège au conseil municipal.
Un phénomène qui n’a pas épargné uniquement cette île. Pas moins de 67 autres communes françaises ont connu la même situation lors du dernier scrutin municipal. Face à ce vide institutionnel, le préfet du Finistère a dû intervenir en désignant une délégation spéciale composée de trois membres pour assurer la continuité administrative.
Un scrutin du 17 mai avec une liste unique
Le dénouement approche pour les Molénais. Une élection municipale partielle est programmée ce 17 mai, avec une particularité de taille : une seule liste de onze candidats a été validée par les services préfectoraux.
À la tête de cette liste unique figure Bruno Corolleur, qui bénéficie déjà d’une certaine légitimité auprès des habitants. « Tout le monde m’appelle déjà ‘monsieur le maire’, pour plaisanter », confie-t-il. La victoire semble acquise d’avance, et son élection officielle à la mairie devrait être entérinée lors du premier conseil municipal prévu le 22 mai.
Un ancien maire de Brest parmi les candidats
Parmi les onze candidats figure une personnalité politique connue : François Cuillandre, ancien maire PS de Brest. Sa présence sur cette liste n’est pas anodine. L’homme entretient un lien affectif profond avec l’île, où il possède une résidence secondaire.
« Mon arrière grand-père a été maire de Molène pendant deux ans. J’y passe toutes mes vacances », explique-t-il. Pour lui, cet engagement relève d’une forme de devoir familial et citoyen : « Si je peux rendre service, je le fais. »
Des privilèges fiscaux à préserver
Au-delà de l’enjeu démocratique, cette élection revêt une importance stratégique pour l’avenir de l’île. Les Molénais redoutent particulièrement un scénario : celui d’un rattachement administratif à une commune continentale.
Ce risque menacerait directement les privilèges fiscaux historiques dont bénéficie actuellement l’île. Ces avantages constituent un élément essentiel du maintien de la population sur ce territoire isolé, où les conditions de vie restent marquées par l’insularité.
