
Rue-Jerusalem-Lever-Soleil
Le climat se détériore dangereusement pour les communautés chrétiennes en Terre sainte. Un nouveau rapport révèle une multiplication alarmante des actes hostiles visant prêtres, moines et religieuses dans les rues de Jérusalem et d’Israël. Entre agressions physiques, dégradations de lieux de culte et harcèlement quotidien, la situation devient insoutenable pour une minorité historique aujourd’hui fragilisée.
Une année marquée par la violence antichrétienne
Le Rossing Center for Education and Dialogue a documenté 155 incidents antichrétiens survenus en 2025 sur le territoire israélien et à Jérusalem-Est. Ces chiffres alarmants témoignent d’une hostilité croissante envers la présence chrétienne dans la région.
Parmi ces incidents, 61 agressions physiques ont été enregistrées, ciblant principalement les membres du clergé. S’y ajoutent 52 dégradations d’institutions religieuses et 28 cas de harcèlement caractérisé. Les victimes sont essentiellement des prêtres, moines et religieuses, facilement identifiables par leur tenue.
Le crachat, symbole d’une hostilité banalisée
Le rapport souligne qu’« Cracher restait l’expression d’hostilité la plus courante » envers les chrétiens. Cette pratique humiliante se produit souvent en pleine rue, parfois sous le regard indifférent des passants ou des forces de l’ordre.
L’exemple le plus récent remonte au 28 avril dernier, lorsqu’une religieuse française a été agressée à Jérusalem par un extrémiste juif. Cet incident illustre la violence ordinaire à laquelle font face quotidiennement les chrétiens dans certains quartiers.
Un rejet profond du christianisme dans la société israélienne
Au-delà des agressions physiques, le rapport met en lumière une perception négative généralisée du christianisme au sein de la population juive israélienne. Près de 50% des juifs israéliens considèrent le christianisme comme « idolâtre ».
Une proportion similaire estime que pénétrer dans une église est « non casher », une vision particulièrement ancrée chez les Haredim ultra-orthodoxes où ces chiffres atteignent respectivement 79% et 96%.
L’éducation au cœur des tensions
Le système éducatif reflète également ce rejet. Quelque 55% de la population s’oppose à l’intégration du christianisme dans les programmes scolaires, tandis que 74% rejettent catégoriquement l’étude du Nouveau Testament.
Cette exclusion éducative contribue à perpétuer les préjugés et alimente un climat de méfiance envers les minorités chrétiennes.
Un exode qui se dessine
Face à cette atmosphère de défiance et d’incertitude grandissante, la communauté chrétienne envisage massivement le départ. Selon le rapport, 36% des chrétiens israéliens songent à quitter le pays.
Cette proportion grimpe à plus de 50% chez les jeunes, signe d’une absence de perspectives d’avenir pour cette communauté qui ne représente déjà que 1,8% de la population israélienne.
La présence chrétienne historique en Terre sainte, vieille de deux millénaires, se trouve aujourd’hui gravement fragilisée par un phénomène qui dépasse le cadre des simples incidents isolés pour devenir une véritable crise identitaire et sécuritaire.
