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L’annulation d’un spectacle artistique par une collectivité locale ravive le débat sur la liberté de création et l’usage des deniers publics. Au cœur de la polémique, une œuvre théâtrale consacrée aux parcours de personnes en exil, dont la programmation a été brutalement stoppée par une mairie dirigée par le Rassemblement national.
Une décision municipale qui fait scandale
La représentation de « Passeport », mise en scène par Alexis Michalik, ne sera finalement pas jouée à Castres comme prévu initialement. La mairie a annulé en juin dernier la programmation qui devait se tenir en février 2027.
Cette création raconte l’histoire bouleversante d’exilés en quête d’un avenir meilleur. Florian Azéma, maire de la ville et membre du RN, assume pleinement ce choix en justifiant qu’« l’argent public » doit être « dépensé correctement ».
Le soutien sans faille de Catherine Pégard
Catherine Pégard s’est publiquement positionnée aux côtés du metteur en scène et de ses comédiens. L’ancienne directrice du château de Versailles a rappelé l’existence d’une législation de 2016 protégeant la création artistique.
Selon elle, l’art possède intrinsèquement le pouvoir de susciter des réactions contrastées. Elle insiste sur la nécessité fondamentale d’accepter la contradiction et les divergences d’opinions dans une société démocratique.
Gauche contre droite : un clivage politique marqué
Les accusations de censure
Du côté de l’opposition, les voix s’élèvent avec véhémence. Boris Vallaud et Thomas Portes qualifient unanimement cette annulation de « censure », y voyant une atteinte grave à la liberté d’expression.
La défense du Rassemblement national
Julien Odoul, député RN, nuance la polémique en précisant que le maire « n’a pas annulé cette pièce, il ne l’a pas retenue ». Une distinction sémantique qui peine à convaincre les défenseurs de la culture.
Des alternatives se dessinent pour le spectacle
Malgré ce revers, l’avenir de « Passeport » s’écrit ailleurs. Le conseil départemental du Tarn étudie activement la possibilité d’une reprogrammation sur son territoire, avec le soutien appuyé de son président Christophe Ramond.
Par ailleurs, Olivier Caremelle a lancé une invitation officielle à Alexis Michalik pour présenter son œuvre à Lomme, dans le nord du pays, dès le 19 décembre prochain.
Un porte-parole du conseil départemental confirme que les démarches sont en cours pour offrir une nouvelle scène à cette création controversée.
