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Face aux enjeux climatiques actuels, l’institution monétaire nationale repense sa production fiduciaire. Avec 2,5 milliards de billets fabriqués chaque année, l’établissement bancaire met en œuvre une stratégie ambitieuse pour diminuer son impact environnemental. Une transformation profonde qui concerne tant les matériaux utilisés que les processus de fabrication.
Un objectif chiffré pour 2028
L’établissement s’est fixé une cible précise : diminuer de 25 % l’empreinte carbone de l’ensemble de sa production de billets d’ici 2028. Cette ambition s’inscrit dans une démarche globale visant également à protéger la biodiversité et à limiter les dégâts causés par la fabrication de monnaie fiduciaire.
Cette transformation intervient alors que les volumes de production devraient connaître une hausse dans les années à venir, rendant l’enjeu encore plus crucial.
Deux sites industriels en Auvergne
La production des euros et des devises étrangères se concentre sur deux installations situées dans le Puy-de-Dôme : la papeterie fiduciaire implantée à Vic-le-Comte et l’imprimerie établie à Chamalières.
Ces deux sites constituent le cœur industriel de la fabrication monétaire française et sont au centre de la stratégie de transition écologique mise en place.
Le coton biologique au cœur de la stratégie
Une obligation européenne respectée
« Pour réduire l’empreinte carbone du billet, nous avons plusieurs axes d’amélioration », a indiqué Bertrand Peyret, secrétaire général adjoint de la Banque de France. Le premier axe concerne « l’introduction du coton biologique dans nos billets ».
Depuis 2025, la Banque centrale européenne impose l’utilisation de coton 100 % biologique pour la production des billets en euros. Ce matériau permet de diviser par deux l’empreinte carbone par rapport au coton conventionnel.
Une démarche étendue aux devises étrangères
« Mais c’est une action que nous menons aussi pour les billets à l’export », a expliqué Bertrand Peyret. L’institution explore également d’autres matières alternatives.
Des options « comme le chanvre, le bois, le lin » pourraient à l’avenir intégrer la composition de la pâte à papier. La papeterie utilise déjà l’abaca, également appelé chanvre de Manille, pour les billets destinés aux Philippines.
Des économies spectaculaires sur l’eau
La modernisation des installations a porté ses fruits. Grâce à la rénovation des équipements et à l’instauration de procédés de réutilisation, la consommation d’eau de la papeterie a été divisée par trois en vingt ans.
Cette performance illustre les gains considérables rendus possibles par l’innovation technologique et l’optimisation des processus industriels.
Des résultats mesurables sur six ans
Entre 2019 et 2025, les progrès réalisés sont significatifs. L’intensité carbone du billet, qui mesure le volume de gaz à effet de serre émis par unité produite, a reculé de 4,6 %.
Les activités industrielles ont simultanément réduit leur consommation énergétique de 18 %, tandis que les émissions de gaz à effet de serre associées ont chuté de 21 %.
Préserver la biodiversité locale
Un regroupement pensé écologiquement
Dans le cadre du rapprochement de l’imprimerie et de la papeterie, l’institution a mené un travail approfondi sur l’artificialisation des sols. Cette réorganisation s’accompagne d’un programme dédié à la conservation des espèces.
Des corridors écologiques aménagés
Des espaces boisés ont été créés en périphérie des forêts environnantes pour servir de corridor à la faune locale. L’établissement a également procédé à « la transplantation d’espèces végétales qui étaient sur le terrain et que nous avons voulu protéger », a précisé Bertrand Peyret.
Ces aménagements témoignent d’une volonté de concilier développement industriel et respect de l’environnement naturel.
