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Dans le Morbihan, l’avenir de centaines de salariés ne tient plus qu’à un fil. La Fonderie de Bretagne, spécialisée dans la fabrication de pièces en fonte pour l’automobile, vient d’être placée en redressement judiciaire. Une décision qui marque un nouveau rebondissement dans le feuilleton industriel de cette entreprise héritière des Forges d’Hennebont.
Une course contre la montre lancée jusqu’à la mi-juillet
Le tribunal a donné une chance de survie à la société basée à Caudan. Mais celle-ci est assortie d’une condition stricte : lever trois millions d’euros avant le 17 juillet. Sans cette somme, l’issue sera fatale pour les 245 emplois en jeu.
Eric Guyomard, délégué syndical CGT, ne cache pas la gravité de la situation : « alors ça sera la liquidation ». Si ce montant est réuni, la procédure permettra à l’établissement de poursuivre sa recherche d’un repreneur crédible.
Un soulagement nuancé parmi les salariés mobilisés
Devant le tribunal, environ 200 personnes s’étaient rassemblées pour attendre le verdict. La décision du redressement judiciaire a été accueillie avec un certain soulagement, même si l’inquiétude demeure.
Eric Blanchier, salarié et élu CGT, a exprimé son sentiment mitigé : « Je m’attendais au redressement, pas à la liquidation car la fonderie mérite d’exister ». Il insiste toutefois sur la nécessité d’une direction compétente : « Maintenant, il faut qu’il y ait des gens sérieux à la tête de l’usine ».
Les promesses non tenues d’Europlasma
C’est justement Europlasma, repreneur habitué des sites industriels en difficulté, qui a demandé ce placement en redressement judiciaire. Cette société avait pourtant repris l’exploitation en avril 2025, avec des engagements ambitieux.
Des investissements qui ne se sont jamais concrétisés
Lors de la reprise, Europlasma s’était engagé à injecter 15 millions d’euros sur trois ans dans le site morbihannais. L’objectif affiché : diversifier l’activité, notamment vers la production de corps creux destinés à la fabrication d’obus de mortier.
Mais selon Maël Le Goff, délégué CGT, la réalité est bien différente. La diversification annoncée n’a jamais démarré depuis la reprise. Plus grave encore, la production est restée à l’arrêt suite à un grave incendie survenu en janvier qui a endommagé l’un des fours essentiels.
Des sommes promises jamais versées intégralement
Au-delà des projets avortés, le représentant syndical dénonce également le fait qu’Europlasma n’a pas versé l’intégralité des montants promis. Une situation qui a précipité l’entreprise vers la cessation de paiements.
Jérôme Garnache Creuillot, patron d’Europlasma, était présent à l’audience. Il a toutefois quitté les lieux sans un mot, en évitant salariés et médias, laissant planer le doute sur ses intentions futures.
Une fonderie au passé industriel prestigieux
La Fonderie de Bretagne n’est pas une entreprise ordinaire. Héritière des Forges d’Hennebont, elle a longtemps été prestataire de Renault, produisant des pièces en fonte pour les suspensions et les échappements automobiles.
Cette expertise reconnue rend d’autant plus incompréhensible aux yeux des salariés l’incapacité des dirigeants successifs à pérenniser l’activité. Désormais, c’est une véritable bataille financière qui s’engage pour sauver ce fleuron industriel breton.
