
fleuve_centrale_été
Les fortes chaleurs qui s’abattent sur la France depuis début juillet mettent à rude épreuve le parc nucléaire français. Entre réacteurs à l’arrêt et production limitée, EDF doit composer avec des contraintes environnementales strictes pour préserver les cours d’eau utilisés pour le refroidissement de ses installations.
Trois réacteurs totalement arrêtés
Face à l’intensité de la vague de chaleur débutée le 4 juillet, trois centrales nucléaires ont été contraintes de stopper leur activité. Le réacteur n°2 de Golfech, situé en Tarn-et-Garonne sur les rives de la Garonne, a cessé sa production.
Dans l’Ain, le réacteur n°3 de la centrale de Bugey, implantée au bord du Rhône, a également été mis à l’arrêt. Même mesure pour le réacteur n°2 de Chooz, dans les Ardennes, en bordure de la Meuse.
Une dizaine d’unités fonctionnent en mode dégradé
Au-delà des arrêts complets, plusieurs installations tournent à puissance réduite pour respecter les normes environnementales. La centrale de Saint-Alban en Isère voit ses deux réacteurs concernés par cette limitation.
En Gironde, les réacteurs n°1 et 3 de Blayais sont également bridés. Dans l’Ain, les unités n°4 et 5 de Bugey rejoignent leur voisine dans ce fonctionnement diminué. S’ajoutent à cette liste le réacteur n°1 de Chooz et l’unité n°3 de Tricastin en Drôme.
Le refroidissement au cœur du problème
Ces mesures s’expliquent par le positionnement stratégique des centrales nucléaires. Toutes sont implantées au bord de fleuves dont l’eau sert au refroidissement des installations.
Les conditions caniculaires et les arrêtés préfectoraux sur les rejets environnementaux imposent des restrictions drastiques. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) fixe des limites de température de l’eau à ne pas dépasser pour protéger les écosystèmes aquatiques.
Une dérogation exceptionnelle accordée à Bugey
Pour maintenir la sécurité du réseau électrique, une dérogation spécifique a été publiée concernant la centrale de Bugey. Cette autorisation exceptionnelle reste valable jusqu’au 20 juillet prochain.
EDF a proposé une mesure compensatoire : une limite temporaire d’augmentation de 1°C de la température de l’eau du Rhône. Cette disposition s’accompagne d’un programme de surveillance environnementale renforcé pour évaluer l’impact sur le fleuve.
Un défi récurrent pour la production nucléaire
Cette situation illustre la vulnérabilité du parc nucléaire français face aux épisodes caniculaires, amenés à se multiplier avec le changement climatique. Le dilemme entre continuité de la production électrique et préservation des milieux aquatiques se pose avec une acuité croissante chaque été.
