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Des millions de retraités du secteur privé ont vu leurs pensions complémentaires stagner en 2024. Une situation qui cristallise les tensions entre syndicats et organisations patronales, dans un contexte pourtant marqué par des réserves financières confortables du régime Agirc-Arrco.
Un gel contesté par deux syndicats majeurs
La CGT et la CFE-CGC remettent en cause l’absence de revalorisation des pensions Agirc-Arrco qui concerne 14 millions d’anciens salariés. En octobre dernier, aucune augmentation n’a été décidée, faute de consensus entre les partenaires sociaux.
Les positions sont restées inconciliables lors des négociations. Alors que le patronat proposait une hausse limitée à 0,2 %, les organisations syndicales revendiquaient une revalorisation proche de 1 %.
Un débat sur l’interprétation de l’accord de 2023
Pour la CGT et la CFE-CGC, le maintien de la valeur du point contrevient aux dispositions de l’accord national interprofessionnel signé en 2023. Ce texte prévoit que les pensions peuvent être sous-indexées par rapport à l’inflation.
Néanmoins, il autorise également le conseil d’administration à ajuster cette revalorisation jusqu’au niveau de l’inflation, en fonction de la situation financière du régime. Les syndicats estiment qu’une hausse d’au moins 0,6 point aurait été envisageable.
Des réserves largement supérieures aux exigences
La situation financière de l’Agirc-Arrco alimente la contestation syndicale. Le régime de retraite complémentaire doit maintenir en permanence des réserves équivalentes à six mois de versements minimum.
Or, en 2025, les réserves atteignaient plus de 90 milliards d’euros, représentant plus de 10,7 mois de couverture. Un matelas financier qui dépasse donc largement les obligations réglementaires.
Le mécanisme annuel de revalorisation
Chaque année, le taux d’évolution des pensions est établi en prenant en compte l’inflation constatée. Cette négociation annuelle implique les représentants syndicaux et patronaux au sein du conseil d’administration de l’Agirc-Arrco.
L’absence d’accord lors de ces discussions peut conduire, comme ce fut le cas récemment, à un gel des montants versés aux retraités.
Des négociations cruciales en perspective
Les règles qui encadrent les retraites complémentaires font l’objet d’une renégociation quadriennale entre partenaires sociaux. L’accord actuellement en vigueur couvre la période jusqu’en 2026.
Les discussions portant sur la période 2027-2030 débuteront d’ici la fin de l’année. Elles constitueront un moment déterminant pour redéfinir les modalités de revalorisation des pensions complémentaires.
