
Gabriel Attal ©Alamy
L’ancien locataire de la rue de Grenelle ne lâche pas le dossier de l’école. Désormais en campagne pour la présidentielle, le président de Renaissance détaille sa vision pour transformer en profondeur le système éducatif français. Des classes réduites aux salaires revalorisés, en passant par la fermeture d’établissements en difficulté, le candidat multiplie les annonces chocs.
Un plan ambitieux pour hisser la France au sommet européen
Dans les colonnes du Monde ce mardi 25 août, Gabriel Attal affiche des ambitions XXL pour l’école. L’objectif affiché ? Offrir à la France « le meilleur système éducatif d’Europe » et la voir « caracoler en tête des classements PISA (…) dans dix ou quinze ans ».
Pour y parvenir, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, en poste entre juillet 2023 et janvier 2024, estime indispensable que son successeur bénéficie d’un mandat complet. Il souhaite ainsi qu’il reste « en poste cinq ans », durant l’ensemble du quinquennat.
Moins de 20 élèves par classe à l’école primaire
Le candidat entend profiter de la baisse démographique pour réduire drastiquement les effectifs. Son engagement : atteindre « moins de 20 élèves par classe » dans le primaire, une mesure censée améliorer les conditions d’apprentissage dès le plus jeune âge.
La fermeture controversée de 100 établissements
C’est sans doute la proposition la plus radicale du programme. Pour « réduire les inégalités », Gabriel Attal propose de fermer « les 100 collèges qui constituent les pires ghettos scolaires ».
Les élèves concernés ne seraient pas abandonnés pour autant. Ils « seront répartis dans d’autres établissements, permettant d’allier mixité et réussite scolaire », précise-t-il. Une stratégie de brassage destinée à casser les logiques de ségrégation scolaire.
Le retour des groupes de niveau défendu malgré les critiques
L’ancien ministre persiste et signe sur sa réforme du « choc des savoirs ». Il plaide pour maintenir les groupes séparant les élèves en français et mathématiques selon leur niveau, une mesure devenue facultative en 2026 après une vive contestation syndicale.
Face au rapport de l’IGESR pointant le manque de résultats et recommandant d’« abandonner le système actuel », il tempère : « C’est difficile d’en évaluer le bien-fondé car elle n’a pas vraiment été mise en œuvre. Mais je suis prêt à entendre qu’il ne faut pas être complètement rigide sur une prescription nationale, et laisser davantage de souplesse aux établissements ».
Certificat d’études et brevet obligatoire : le retour des examens couperet
Gabriel Attal souhaite réinstaurer le certificat d’études « à l’entrée en 6e ». Plus radical encore, il veut rendre l’obtention du brevet obligatoire pour accéder en seconde, une mesure qu’il avait déjà défendue comme ministre avant qu’Élisabeth Borne ne l’abandonne.
Face au RN, une ligne de démarcation assumée
Accusé de reprendre des thématiques du Rassemblement national, le candidat rejette fermement cette analyse. « Je suis en radical désaccord avec cette affirmation. Tout m’oppose au RN », martèle-t-il.
Il précise sa différence : « Contrairement à lui, je ne souhaite pas interdire aux élèves d’accéder au collège, mais il faudra que ceux qui y entrent aient le niveau et proposer une année passerelle à ceux pour qui ce n’est pas le cas. »
Revalorisation salariale : jusqu’à 500 euros net par mois
Le constat est sans appel selon Gabriel Attal : « le métier a été progressivement smicardisé ». Pour redonner de l’attractivité à la profession, il promet une augmentation de « 200 euros net par mois » et « jusqu’à 500 euros nets pour les milieux de carrière ».
Le financement ? « Ce sera financé par des économies, notamment sur nos dépenses sociales », assure-t-il, sans détailler davantage le montage budgétaire.
La concurrence avec Édouard Philippe
Cette annonce intervient au lendemain des propositions d’Édouard Philippe, son rival du « bloc central ». Le maire du Havre avait présenté ses propres mesures éducatives, incluant notamment « une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants ».
