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Les violences en milieu scolaire touchent aussi les enseignants. Dans l’Essonne, une institutrice a été victime d’une agression particulièrement brutale de la part d’un jeune élève. Un incident qui ravive les inquiétudes sur les conditions d’exercice des professeurs dans certains établissements prioritaires et relance le débat sur l’accompagnement des enfants en difficulté.
Une intervention en récréation qui tourne au drame
Le 11 septembre dernier, dans la cour du groupe scolaire Jacques-Tati à Évry-Courcouronnes, une scène d’une violence rare s’est déroulée sous les yeux des autres enfants. L’enseignante était simplement intervenue pour protéger une élève harcelée par un camarade.
La réaction du jeune garçon de 8 ans a été d’une extrême brutalité. Loin de se calmer, l’enfant s’est retourné contre la professeure avec une agressivité déconcertante pour son âge.
Des menaces de mort et des coups répétés
« Il s’est mis à me crier dessus : je vais te tuer, je vais t’égorger en faisant le geste », raconte la victime. Des propos qui glacent le sang, d’autant plus qu’ils ont été suivis d’actes violents.
Projetée au sol, l’enseignante a reçu plusieurs coups de poing, de genou et d’épaule. Une agression perpétrée devant les autres enfants de l’école. « Tous les gamins l’ont vu faire », précise-t-elle, soulignant le traumatisme collectif engendré.
Sept jours d’arrêt mais une reprise rapide
Le certificat médical établi après l’agression fait état de sept jours d’incapacité totale de travail. Malgré ce traumatisme physique et psychologique, la professeure a repris sa classe dès le lundi 21 septembre.
« Je l’ai fait pour ne pas pénaliser mes élèves », explique-t-elle, démontrant un dévouement qui contraste avec la situation qu’elle dénonce. Paradoxalement, elle confie : « Il dit que je suis sa maîtresse préférée ».
L’absence de sanction qui fait polémique
Ce qui indigne particulièrement l’équipe éducative, c’est l’absence de mesure disciplinaire. Si les parents ont bien été convoqués par l’établissement, aucune sanction n’a été prononcée à l’encontre de l’élève.
« Les parents ont été convoqués, mais il n’y a eu aucune sanction, ne digère pas l’enseignante. Ça veut dire quoi ? Que taper une prof, c’est OK ? Un tel geste ne peut pas rester impuni », s’insurge la victime.
Un mouvement de colère s’organise
Face à cette situation jugée inacceptable, plusieurs enseignants ont cessé le travail. Un message sans équivoque, « École en colère », a été affiché devant l’établissement pour exprimer le ras-le-bol du corps professoral.
Cette agression n’est apparemment pas un incident isolé. Une collègue de la victime témoigne que le même enfant aurait déjà été l’auteur de violences et de menaces à son encontre.
Un cri d’alarme sur le manque de moyens
Au-delà de ce cas particulier, les enseignants pointent du doigt un problème structurel. Le groupe scolaire Jacques-Tati est classé en Réseau d’éducation prioritaire (REP), accueillant des élèves dans des situations souvent complexes.
Le corps enseignant dénonce le manque de moyens pour accompagner correctement les élèves en grande difficulté. « L’on ne peut pas laisser des profs se faire taper dessus », martèle l’enseignante agressée.
La réponse de l’académie de Versailles
Confrontée à cette situation explosive, l’académie de Versailles a annoncé plusieurs mesures. Un renforcement de l’accompagnement a été promis, avec l’intervention d’une conseillère pédagogique et d’une psychologue auprès de l’équipe enseignante.
Une réunion d’une équipe éducative est prévue pour adapter la scolarité de l’enfant concerné. Par ailleurs, des recrutements d’AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) sont en cours, avec une priorité donnée à l’établissement.
