
Crédit image @copie écran émission 4V Bally Bagayoko
Dans un département où plus de 7% des jeunes femmes sont concernées par l’excision, chaque décision politique sur ce sujet sensible prend une dimension particulière. Le comportement électoral de certains élus lors d’un récent conseil municipal suscite aujourd’hui des questionnements.
Un vote qui fait débat au conseil municipal
Le 24 septembre dernier, les élus de Saint-Denis étaient appelés à se prononcer sur un texte défendant la protection contre les mutilations génitales féminines. La délibération C-44 intégrait également une demande d’adoption de la « loi intégrale VSS » visant à combattre les violences sexistes et sexuelles.
Contre toute attente, Bally Bagayoko, le maire de la commune, accompagné de sa majorité LFI, a choisi l’abstention. Une position qui mérite d’être éclaircie, car s’abstenir ne signifie pas automatiquement s’opposer à la lutte contre l’excision.
La Seine-Saint-Denis, territoire particulièrement touché
Les chiffres révélés par une enquête MSF-Preval menée en 2021 et publiée en octobre 2023 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France donnent la mesure du problème.
Selon cette étude, 7,1% des femmes âgées de 18 à 44 ans résidant en Seine-Saint-Denis ont été victimes de mutilations sexuelles féminines. Un taux considérablement supérieur à celui observé dans le Rhône (environ 1%) ou les Alpes-Maritimes (0,7%).
Un enjeu sanitaire majeur
Ces pratiques laissent des traces profondes. Les victimes souffrent de douleurs chroniques, rencontrent des difficultés urinaires, subissent des complications lors de l’accouchement et connaissent des troubles de la sexualité qui altèrent durablement leur qualité de vie.
Des dispositifs d’accompagnement sur le terrain
Face à cette réalité, la Maison des femmes de Saint-Denis a mis en place une unité spécialisée dédiée à la prise en charge des mutilations génitales féminines. Cette structure ne se limite pas aux soins : elle développe également un important travail de prévention en collaboration avec des associations locales.
Ces initiatives apparaissent d’autant plus nécessaires que l’accompagnement et la prévention constituent des axes prioritaires dans un territoire aussi concerné par ces violences.
Une problématique mondiale en expansion
L’Unicef dressait en mars 2024 un constat alarmant : plus de 230 millions de filles et de femmes dans le monde ont été victimes de mutilations génitales. Ce chiffre représente une augmentation de 30 millions par rapport aux estimations établies en 2016.
Cette progression souligne l’urgence d’une mobilisation collective, tant au niveau international que local, pour éradiquer ces pratiques et protéger les générations futures.
