
rejet_legislatif_parlement
Le débat sur l’expulsion des ressortissants étrangers condamnés pour infractions sexuelles continue de diviser profondément la classe politique française. Une nouvelle proposition législative vient d’être balayée par les députés, ravivant les tensions entre les différentes forces politiques sur un sujet particulièrement sensible.
Un amendement controversé massivement repoussé par l’hémicycle
Lundi 5 octobre, les députés français ont dit non à une proposition législative défendue par Thomas Ménagé, élu du Rassemblement national. Ce texte prévoyait « l’expulsion systématique et définitive des étrangers qui commettent des violences sexuelles et sexistes ».
L’amendement s’inscrivait dans le cadre plus large du projet de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles. Il visait à instaurer « une interdiction définitive du territoire pour tout étranger condamné pour une infraction » de nature sexuelle.
Une alliance hétéroclite pour bloquer le texte
Le scrutin s’est déroulé dans un hémicycle peu rempli : seuls 102 parlementaires sur 577 ont participé au vote. L’écart s’est révélé significatif avec 72 voix contre la mesure, face à seulement 30 suffrages favorables.
Les soutiens à la proposition provenaient exclusivement des rangs du RN et de l’UDR. À l’inverse, une coalition disparate regroupant Les Républicains, Horizons, la majorité présidentielle, les socialistes, les députés La France insoumise et les écologistes a rejeté le texte.
La colère du Rassemblement national
Sur le réseau social X, Hélène Laporte, vice-présidente de l’Assemblée nationale et élue RN, n’a pas caché son indignation. Elle a fustigé une alliance contre-nature : « Main dans la main avec la gauche, les Républicains, Horizons, Ensemble et le Modem unissent leurs voix pour rejeter notre amendement ».
Des statistiques qui alimentent la controverse
Pour justifier sa proposition, Thomas Ménagé s’appuie sur des données du ministère de l’Intérieur publiées en 2025. Selon ces chiffres officiels, les ressortissants étrangers constituent 9 % de la population totale du territoire.
Pourtant, au niveau national, ils représenteraient 41 % des personnes mises en cause pour violences sexuelles dans les transports en commun. Cette proportion grimpe jusqu’à 61 % en région parisienne.
Le 6 octobre 2026, le député a d’ailleurs publié sur les réseaux sociaux : « 61% des mis en cause pour atteintes sexuelles dans les transports en commun parisiens sont étrangers. Le @groupeRN_off a été le SEUL à proposer, dans l’hémicycle, l’expulsion systématique et définitive des étrangers qui commettent des violences sexuelles et sexistes. »
L’argument d’une « logique » répressive assumée
Dans ses déclarations, Thomas Ménagé défend une approche radicale qu’il juge cohérente. « Il est logique de considérer qu’un étranger qui a fait ça dans notre pays ne doit plus apparaître, ne doit plus revenir sur notre sol », a-t-il affirmé.
Quand la mesure séduisait au-delà du RN
Cette proposition n’est pas une nouveauté absolue dans le paysage politique français. Bruno Retailleau, actuellement candidat à l’élection présidentielle, s’était déclaré favorable à une telle disposition.
Le précédent Marlène Schiappa
Plus surprenant encore : en novembre 2019, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait elle-même préconisé cette mesure auprès du Premier ministre Édouard Philippe. Son objectif affiché était de « ne rien laisser passer » concernant les violences sexistes et sexuelles.
Édouard Philippe avait alors assuré avoir « retenu » cette suggestion, sans toutefois qu’elle ne se concrétise législativement.
