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La violence liée aux dénonciations de corruption frappe à nouveau le Guatemala. Un ancien procureur devenu défenseur acharné de la transparence a été abattu en pleine journée, alors qu’il pratiquait son sport favori. Ce meurtre révèle une fois de plus les dangers auxquels s’exposent ceux qui osent défier les réseaux mêlant politique, criminalité et pouvoir économique dans ce pays d’Amérique centrale.
Une exécution en plein jour
Juan Francisco Solórzano Foppa, âgé de 43 ans, a été tué par balles samedi dernier dans la capitale guatémaltèque. L’attaque s’est déroulée sur un terrain de football qu’il avait l’habitude de fréquenter chaque week-end.
La fusillade n’a pas fait qu’une victime. Un employé d’une fédération sportive a également perdu la vie lors de cette attaque meurtrière. Les autorités locales ont rapidement réagi en procédant à deux arrestations, dont celle d’un ex-militaire, tous deux considérés comme les « responsables présumés » du crime.
Un combat contre les « corrompus »
Ancien procureur reconverti dans la défense juridique, Solórzano Foppa s’était fait connaître pour ses dénonciations virulentes sur les réseaux sociaux. Il y dévoilait ce qu’il nommait le « pacte des corrompus », un réseau criminel supposé unir responsables politiques, dirigeants d’entreprises et organisations mafieuses.
L’avocat pointait notamment du doigt les connexions présumées entre certains politiciens de l’opposition et Aldo Ochoa, surnommé « El Lobo », chef du redoutable gang Barrio 18 au Guatemala, actuellement détenu dans une prison de haute sécurité.
Des révélations dérangeantes
Dans l’une de ses dernières publications en ligne, il avançait l’hypothèse d’une « incursion de mercenaires de la CIA, soutenue par l’armée du Guatemala » pour expliquer la mort de huit personnes survenue en septembre dans l’est du pays. Officiellement, ces décès avaient été attribués à des règlements de comptes entre narcotrafiquants.
Il avait également dénoncé l’évasion spectaculaire d’une vingtaine de membres du Barrio 18 l’année précédente. Cette affaire avait provoqué une crise politique majeure et conduit au limogeage des plus hauts responsables de la sécurité guatémaltèque.
Un défenseur de la liberté de la presse
Au-delà de ses dénonciations publiques, Juan Francisco Solórzano Foppa avait mis ses compétences juridiques au service de causes sensibles. Il avait notamment défendu le journaliste José Rubén Zamora, emprisonné durant deux ans pour blanchiment d’argent.
Selon de nombreux défenseurs des droits humains et organisations de protection des médias, Zamora aurait été victime de représailles pour avoir révélé les agissements de politiciens corrompus.
Des réactions internationales
Le président guatémaltèque Bernardo Arévalo a fermement condamné cet assassinat. Sur le réseau social X, il a affirmé : « Ses auteurs, matériels et intellectuels, doivent en répondre et subir les conséquences avec tout le poids de la loi ».
L’ambassade des États-Unis au Guatemala a également exprimé son indignation face à cet « atroce assassinat ». Dans un message publié sur X, la représentation diplomatique américaine a déclaré : « Nous attendons une enquête complète et transparente qui permette de faire toute la lumière sur les faits ».
Ce meurtre s’inscrit dans une longue série d’attaques visant des personnalités qui dénoncent la corruption au Guatemala, soulignant les risques mortels encourus par ceux qui osent défier les structures de pouvoir corrompues.
