
Jordan Bardella, président du RN ©Alamy
Les sorties médiatiques de responsables du Rassemblement national sur la commune des Yvelines ravivent les tensions politiques. Entre accusations de stigmatisation et récupération d’un fait divers tragique, la polémique enfle dans l’hémicycle comme sur les réseaux sociaux.
Une sénateur du RN relance la controverse
Sur le plateau de BFMTV, Edwige Diaz, représentante du Rassemblement national au Sénat, a réitéré les propos de son président Jordan Bardella concernant Trappes. La sénatrice est allée plus loin en affirmant que « les femmes ne sont pas les bienvenues dans les cafés » de cette ville yvelinoise.
Ces déclarations font écho aux mots employés par Jordan Bardella en 2021, lorsqu’il qualifiait la commune de « République islamique en miniature ». À l’époque, il réclamait également la révocation du maire Ali Rabeh, qu’il accusait de clientélisme islamiste.
Un parcours judiciaire marquant pour le président du RN
Les propos du leader d’extrême droite ne sont pas restés sans conséquence juridique. En 2022, il avait été mis en examen après avoir désigné Trappes comme la « capitale européenne du djihad ».
Toutefois, la justice a finalement tranché en sa faveur : Jordan Bardella a été relaxé en décembre 2023, échappant ainsi à toute condamnation pour ses déclarations controversées.
Le député Sébastien Chenu maintient la ligne
Loin de prendre ses distances avec ces formulations, Sébastien Chenu, député RN, a lui aussi caractérisé la ville comme un « foyer de djihadistes », refusant tout recul sur cette position politique.
Un drame survenu avant la nouvelle vague de déclarations
Le vendredi précédant le 27 octobre, Trappes a été le théâtre d’un attentat meurtrier. Kévin T., âgé de 39 ans, est suspecté d’avoir commis cette attaque qui a causé la mort d’une personne et blessé gravement cinq autres.
La victime décédée, Pengo Bossio Wangi, 26 ans et d’origine africaine, a perdu la vie dans des circonstances dramatiques. Certains observateurs politiques établissent un lien entre le climat créé par les déclarations du RN et ce passage à l’acte violent.
L’opposition dénonce une stratégie de stigmatisation
Les réactions des élus de gauche n’ont pas tardé. François Piquemal, représentant La France insoumise, a condamné des propos qu’il juge « haineux » et « islamophobes », pointant directement la responsabilité du Rassemblement national.
Manon Aubry, également LFI, accuse Jordan Bardella de stigmatiser une ville entière. De son côté, l’écologiste Léa Balage El Mariky partage cette analyse critique.
Des accusations de campagne haineuse
Le député Thomas Portes (LFI) va encore plus loin en accusant le président du RN de mener une véritable « campagne de haine contre Trappes », dans un contexte où les tensions communautaires sont particulièrement sensibles.
