
Usine Abandonnée Crépuscule
Depuis les élections européennes de juin dernier, une vague inquiétante de restructurations économiques frappe le tissu industriel français. Face à cette situation, la CGT tire la sonnette d’alarme et interpelle le gouvernement sur l’efficacité des politiques actuelles de soutien aux entreprises.
Un constat alarmant pour l’industrie française
D’après un recensement effectué par la CGT, pas moins de 444 plans sociaux ont été déclenchés en France depuis le scrutin européen de juin 2024. Une tendance particulièrement préoccupante pour le secteur industriel, qui concentre la majorité des restructurations.
Sur l’ensemble de ces plans sociaux, 325 concernent directement des fermetures de sites industriels. Ces mesures drastiques représentent une menace pour l’emploi d’une ampleur considérable, puisque plus de 300 000 postes seraient en danger selon les estimations du syndicat.
La CGT dénonce l’échec des politiques de soutien économique
Face à cette situation, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, n’hésite pas à pointer du doigt les orientations économiques actuelles. « On a été les premiers à dire que nous sommes dans un moment de désindustrialisation massive. Et maintenant, tout le monde nous donne raison puisque les chiffres officiels montrent qu’il y a maintenant plus de fermetures d’usines que d’ouverture », affirme-t-elle.
La responsable syndicale va plus loin en critiquant frontalement la stratégie économique gouvernementale : « La politique de l’offre de Macron, elle est non seulement très coûteuse, mais c’est une catastrophe sociale, un fiasco économique ».
Vers une conditionnalité des aides publiques
La CGT entend désormais porter ses revendications directement auprès du ministre de l’Industrie. Sophie Binet a d’ailleurs précisé sa démarche : « La première demande que je vais lui faire, c’est de changer de politique économique et industrielle. Ce n’est plus possible d’avoir une politique du carnet de chèques où on se contente de distribuer 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans conditions ni contreparties ».
Pour le syndicat, un principe fondamental devrait guider l’attribution des aides publiques aux entreprises : « quand on est aidé, on n’a pas le droit de licencier », rappelle Sophie Binet. Une position qui souligne la volonté de la CGT de voir Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, instaurer un véritable système de conditionnalité des soutiens financiers accordés aux entreprises.
Cette exigence de contreparties aux aides publiques intervient dans un contexte où les fermetures de sites industriels se multiplient, ravivant le débat sur l’efficacité réelle des dispositifs actuels de soutien économique.
