
Mohamed Amra lors de son arrestation à Bucarest ©Capture d'écran Le Parisien
Mohamed Amra, actuellement détenu à l’isolement à la prison de Condé-sur-Sarthe, a annoncé son intention de porter plainte contre trois surveillants pénitentiaires. Il les accusent de violences lors d’une fouille effectuée le 24 mars dernier. Selon son avocat, Maître Benoît David, les faits se seraient déroulés aux alentours de 16 heures, lorsque, de retour de promenade, Amra aurait été conduit dans une cellule différente de la sienne. Menotté, il aurait reçu l’ordre de s’allonger sur le ventre. Ne comprenant pas cette directive, il aurait demandé des précisions avant d’être plaqué au sol par les trois agents, l’un exerçant une pression sur son bassin, un autre sur son bras et le troisième sur sa cheville. Amra aurait alors éprouvé des difficultés respiratoires en raison du poids exercé sur lui et ressenti une douleur à la cheville.
Une évasion qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires
Après avoir protesté, les surveillants seraient revenus dans la cellule et auraient, selon l’avocat, intensifié la pression sur sa cheville blessée, provoquant des cris de douleur de la part du détenu. Selon le journal Le Monde, le lendemain, l’unité sanitaire de l’établissement aurait diagnostiqué une fracture de la cheville et procédé à un plâtrage. Une requête en référé-liberté a été déposée auprès du tribunal administratif de Caen pour obtenir les enregistrements vidéo de l’incident. L’administration pénitentiaire conteste cette version des faits. Selon ses déclarations, le 24 mars en milieu d’après-midi, lors de sa réintégration en cellule après une fouille, Mohamed Amra aurait résisté aux agents avant de donner deux coups de pied dans une grille de sa cellule. Se plaignant ensuite de douleurs, il aurait été pris en charge par l’unité sanitaire en fin d’après-midi pour traiter une blessure légère. D’après les informations disponibles obtenues par nos confrères, le détenu porterait une attelle, et non un plâtre. Aucune procédure disciplinaire n’a été engagée à l’encontre des surveillants impliqués.
Un détenu extrêmement dangereux
Cette affaire intervient dans un contexte particulier. Neuf mois auparavant, le 14 mai, Mohamed Amra avait fait l’objet d’une spectaculaire évasion lors d’un transfert pénitentiaire au péage d’Incarville, dans l’Eure. L’attaque, d’une violence extrême, avait entraîné la mort de deux agents pénitentiaires et la blessure de trois autres. Recherché activement, le détenu avait été interpellé à Bucarest le 22 février, puis remis aux autorités françaises et incarcéré à l’isolement à Condé-sur-Sarthe. Depuis son retour en détention, il a été présenté en commission de discipline le 5 mars pour son évasion, écopant de la sanction maximale de 30 jours en quartier disciplinaire.