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Ce qui devait célébrer une viennoiserie emblématique du Sud-Ouest a viré au duel juridique. À Toulouse, deux organisations se déchirent pour l’héritage d’un événement gourmand devenu enjeu de pouvoir. Entre accusations de vol, usurpation d’identité et batailles de marques, le conflit révèle les coulisses tendues d’une compétition artisanale.
Deux camps, une seule viennoiserie
D’un côté, la Coupe du Monde de la Chocolatine et du Pain au Chocolat, créée en 2019 par la Ligue Fraternelle des Artisans sous la présidence de Géraldine Laborde. De l’autre, le Championnat du Monde de la Chocolatine, né d’une scission interne.
L’association historique revendique six années d’investissement et de développement. Elle accuse aujourd’hui ses anciens collaborateurs d’avoir orchestré une véritable appropriation frauduleuse de son héritage.
Des accusations graves déposées en justice
La structure originelle a franchi le cap de l’action judiciaire. Elle a déposé plainte pour abus de confiance, vol, escroquerie, faux et usurpation d’identité. Le préfet de la Haute-Garonne a également été alerté.
Selon l’association plaignante, les dissidents auraient dérobé des fichiers contacts, contrats et logos. Pire encore, ils se seraient présentés auprès des partenaires comme les repreneurs légitimes de l’événement.
Un complément de plainte est en préparation, alimenté par de nouveaux témoignages faisant état de pressions exercées sur certains acteurs du dossier.
Le camp adverse dénonce une manipulation médiatique
Face à ces attaques, le Championnat du Monde de la Chocolatine rejette en bloc toute responsabilité. Ses représentants dénoncent une instrumentalisation médiatique visant à ternir leur image.
Ils contestent les accusations de vol ou d’escroquerie et rappellent que l’association adverse n’aurait été officiellement déclarée qu’en 2023, soit quatre ans après sa création supposée.
Une bataille de marques déposées
Argument clé de leur défense : le dépôt de la marque « Championnat du Monde » effectué avant celui de leurs adversaires en 2025. Une antériorité qu’ils brandissent pour légitimer leur positionnement.
Selon eux, leur démarche s’inscrit dans la transparence totale depuis l’apparition de désaccords internes au cours de l’année 2025.
L’édition 2026 annulée par précaution
Dans un geste qu’ils qualifient de bonne foi, les organisateurs du Championnat ont décidé d’annuler l’édition prévue au MEETT. Objectif affiché : éviter de placer les partenaires dans une situation délicate.
Ils appellent désormais à laisser la justice suivre son cours loin de l’agitation médiatique, tout en défendant leur fonctionnement bénévole sans visées lucratives.
Un conflit qui s’enlise
Le dossier juridique est désormais entre les mains de la justice. L’association historique entend défendre son investissement et les valeurs artisanales qu’elle porte depuis sa création.
De leur côté, les organisateurs du Championnat maintiennent qu’ils agissent en toute légalité, portés par une équipe de bénévoles engagés sans enjeux financiers.
En attendant le verdict des tribunaux, la chocolatine toulousaine se retrouve au cœur d’une bataille juridique aussi surprenante qu’amère.
