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La cité phocéenne a tranché. Dimanche 22 mars 2026, les Marseillais ont renouvelé leur confiance au maire sortant lors d’un scrutin marqué par une forte mobilisation et des tensions entre forces de gauche. Le second tour des élections municipales a confirmé la domination du candidat divers gauche dans un contexte politique fragmenté.
Une victoire nette dans une triangulaire disputée
Benoît Payan s’impose largement avec 54,6% des suffrages exprimés, creusant un écart significatif avec ses adversaires. Le maire sortant, qui menait campagne sous l’étiquette divers gauche, a réussi à mobiliser son électorat malgré les divisions internes à gauche.
Le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, termine en deuxième position avec 39,1% des voix. Un score qui témoigne de l’ancrage persistant de l’extrême droite dans certains quartiers marseillais, sans pour autant bouleverser l’équilibre politique local.
Loin derrière, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence et candidate divers droite, ne recueille que 6,3% des suffrages. Une déconvenue pour la droite traditionnelle marseillaise.
Une mobilisation en hausse entre les deux tours
La participation au second tour atteint 55%, marquant une progression notable par rapport au premier tour qui avait enregistré un taux de 52,18%. Cette augmentation reflète l’enjeu perçu par les électeurs face à la menace d’une percée du RN.
Le refus d’alliance qui fait polémique
La campagne a été marquée par une controverse majeure au sein de la gauche marseillaise. Benoît Payan a refusé toute alliance avec Sébastien Delogu, figure locale de La France Insoumise, préférant affronter seul le second tour.
Cette stratégie solitaire n’a pas manqué de susciter des critiques virulentes. Le député LFI a dénoncé la « position irresponsable » de Benoît Payan qui a rejeté sa « main tendue » pour une alliance face au Rassemblement national.
Une gauche divisée mais victorieuse
Malgré ces dissensions internes, le pari du maire sortant s’est révélé gagnant. Son refus de composer avec LFI ne l’a pas empêché de rassembler largement au-delà de son camp initial, captant probablement une partie des électeurs centristes et de droite modérée inquiets de la progression du RN.
Un paysage politique redessiné
Cette élection redéfinit les rapports de force dans la deuxième ville de France. L’absence de sièges pour les listes éliminées confirme la bipolarisation du scrutin municipal marseillais, partagé entre un bloc progressiste incarné par Payan et la poussée nationaliste représentée par Allisio.
La triangulaire avait incarné une opposition symbolique entre différentes sensibilités politiques : la gauche municipale installée, l’extrême droite en quête de conquête territoriale, et la droite traditionnelle en perte de vitesse.
