
Hôpital de Gaza détruit par un tir de roquette en provenance de Gaza 2023 ©Alamy
Dans un contexte de tension extrême au Proche-Orient, deux personnalités de premier plan viennent d’interpeller directement le président français Emmanuel Macron. Leur tribune, publiée dans les colonnes du Monde, soulève des questions fondamentales sur l’efficacité de la diplomatie actuelle face à la catastrophe humanitaire qui se déroule à Gaza, et propose des mesures concrètes pour faire évoluer la situation.
Un appel solennel pour des actions concrètes
L’ancien ambassadeur d’Israël en France et un historien spécialiste de Jérusalem ont uni leurs voix pour exhorter la France à prendre position de manière plus ferme. Ils mettent en avant l’urgence absolue d’agir face à la dégradation rapide de la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Dans leur tribune, Elie Barnavi, qui a représenté Israël en France de 2000 à 2002, et Vincent Lemire, professeur d’histoire ayant dirigé le Centre de recherche français à Jérusalem jusqu’en août 2023, s’adressent sans détour au président français.
« Monsieur le Président, si des sanctions immédiates ne sont pas imposées à Israël, vous finirez par reconnaître un cimetière. Il faut agir maintenant pour que la nourriture et les soins puissent entrer massivement à Gaza », écrivent-ils avec gravité.
L’inefficacité des simples déclarations diplomatiques
Les deux auteurs pointent l’écart entre les initiatives diplomatiques et leurs effets concrets sur le terrain. Ils estiment que les récentes annonces françaises, bien que symboliquement importantes, n’ont pas produit de changements tangibles pour les populations concernées.
« Monsieur le Président, ne confondez pas le bruit diplomatique et la réalité du terrain. Depuis votre annonce du 24 juillet, tout a basculé sur le plan diplomatique, mais rien n’a changé à Gaza », observent-ils.
Avec une formule percutante, ils ajoutent : « La promesse d’une reconnaissance n’a jamais nourri personne. »
Le pouvoir des sanctions économiques
Selon Barnavi et Lemire, seules des mesures économiques concrètes pourraient véritablement influencer la politique israélienne. Ils soulignent que la configuration géographique particulière d’Israël rendrait des sanctions particulièrement efficaces, avec des effets rapidement perceptibles pour la population.
« Vous le savez, seules des sanctions immédiates et concrètes pèseront sur l’opinion publique israélienne et donc sur le gouvernement israélien, pour modifier vraiment la situation. Pour faire cesser la famine, pour un cessez-le-feu permanent, pour la libération de tous les otages, pour la protection des Palestiniens de Cisjordanie, pour sauver Israël contre lui-même », argumentent-ils.
Le contexte d’une escalade régionale
La tribune s’inscrit dans un contexte d’aggravation des tensions au Proche-Orient. Les auteurs mentionnent notamment le vote récent du Parlement israélien, le 23 juillet, appelant à l’annexion de la Cisjordanie, ce qui constitue une nouvelle étape dans l’escalade du conflit.
Une critique du « deux poids deux mesures » européen
Les signataires dénoncent également l’incohérence de l’Union européenne dans sa politique de sanctions. Ils établissent un parallèle entre la réaction européenne face à l’agression russe en Ukraine et celle concernant la situation à Gaza, regrettant ce qu’ils perçoivent comme un traitement différencié.
Cette disparité de traitement affaiblit, selon eux, la crédibilité de l’Europe sur la scène internationale et son influence potentielle sur la résolution du conflit israélo-palestinien.
