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Le don d’organes continue de susciter l’espoir au cœur de drames familiaux. L’histoire de Florian, jeune soldat français décédé à l’autre bout du monde, illustre avec force comment un geste ultime peut transformer la tragédie en espoir pour de nombreuses familles.
Une tragédie survenue en mission à l’étranger
En mai 2021, Florian, militaire français âgé de 21 ans, se trouvait en mission à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Un accident de jet-ski survenu durant son séjour a bouleversé sa vie et celle de ses proches. Grièvement blessé, le jeune homme a été plongé dans le coma pendant plusieurs jours.
Malgré les efforts médicaux déployés, les médecins ont finalement constaté son état de mort cérébrale. Une annonce dévastatrice pour sa famille restée en France, qui devait faire face à l’insoutenable à des milliers de kilomètres de distance.
Le témoignage bouleversant d’une mère
Sandrine Cousin, la mère de Florian, se souvient avec émotion de ce moment tragique. « Mon corps était là, mais mon esprit était parti à 10 000 km », confie-t-elle, décrivant l’état de choc dans lequel elle se trouvait.
Elle poursuit : « Je n’étais pas là. J’entendais des bribes de voix et d’un seul coup ça a fait (tilt). (…) J’ai entendu état de mort cérébrale et don d’organes. J’ai tout compris ». Un déclic brutal qui a précipité une décision capitale.
Une volonté exprimée lors de son engagement militaire
Face à cette situation dramatique, Sandrine Cousin et Océane, la sœur jumelle de Florian, ont dû transmettre aux équipes médicales une information cruciale. Lors de son engagement dans l’armée, le jeune homme avait clairement fait savoir qu’il ne s’opposait pas au don de ses organes.
Cette volonté, exprimée de son vivant, a permis de lancer le processus de prélèvement dans le respect de ses convictions personnelles.
Cinq jeunes adultes ont bénéficié de ce don
Grâce à ce geste généreux, cinq personnes ont pu être sauvées. Les bénéficiaires, âgés de 19 à 25 ans, ont ainsi pu poursuivre leur vie grâce aux organes de Florian.
Pour sa mère, cette réalité apporte une forme de réconfort dans l’épreuve : « Il vit à travers cinq autres personnes. Florian, dans mon cœur, continue de vivre donc il y a la tristesse d’avoir perdu notre fils – évidemment, il nous manque – mais c’est mon héros ».
Un record de greffes établi en France
L’histoire de Florian s’inscrit dans un contexte national où le don d’organes connaît une dynamique positive. Selon l’Agence de la biomédecine, 6 148 greffes ont été réalisées en 2025 sur le territoire français.
Ce chiffre constitue un nouveau record avec 95 interventions supplémentaires par rapport à l’année 2024, témoignant d’une meilleure organisation du système de prélèvement et de greffe.
Des milliers de patients toujours en attente
Malgré ces progrès encourageants, les besoins restent considérables. Au 1er janvier 2026, 23 294 patients figuraient sur la liste nationale d’attente pour une greffe d’organe.
Si 74 % des Français se déclarent favorables au don de leurs organes après leur décès, un décalage persiste entre les intentions et la réalité sur le terrain.
Un taux d’opposition familiale en légère hausse
L’Agence de la biomédecine note toutefois une tendance préoccupante : le taux d’opposition des proches continue sa progression. En 2025, 37 % des familles ont refusé le prélèvement d’organes, contre 36 % l’année précédente.
Cette augmentation souligne l’importance cruciale de communiquer de son vivant sa position sur le don d’organes à ses proches, comme l’avait fait Florian lors de son engagement dans l’armée.
