
Village Pyrenees Ete
En plein été, une petite commune des Pyrénées-Orientales se retrouve dans une situation administrative pour le moins inhabituelle. Son premier édile a quitté le territoire sans déléguer ses pouvoirs, laissant derrière lui une équipe municipale réduite et des dossiers en suspens. Cette disparition soudaine cristallise des tensions préexistantes et soulève des questions sur la gouvernance locale.
Un départ inattendu pour monter une affaire
Depuis début juillet, Philippe Petitqueux, maire de Formiguères, a pris la direction de Tahiti. Selon les informations disponibles, l’élu aurait quitté la France métropolitaine pour développer une activité d’accrobranche dans le Pacifique Sud. Ce départ, manifestement prévu de longue date, n’avait pourtant pas fait l’objet d’arrangements préalables pour assurer la continuité du service public.
L’absence du maire pose désormais de sérieux problèmes administratifs puisque lui seul détient certaines autorisations nécessaires à la bonne marche de la commune. Parmi les difficultés rencontrées, une régie communale n’a pas pu être clôturée, le premier magistrat étant le seul à disposer des codes d’accès à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).
Une équipe municipale fragilisée
Ce départ s’inscrit dans un contexte déjà tendu au sein de l’équipe municipale. Avant même que le maire ne s’envole pour la Polynésie, des désaccords existaient. Le premier adjoint, Serge Vaills, ne cache pas ces difficultés antérieures :
« Il a voulu imposer des choses à sa façon. On a subi au début puis cela a fini par bloquer. »
Cette situation a provoqué plusieurs démissions au fil du temps. Aujourd’hui, l’équipe municipale ne compte plus que six personnes, contre onze initialement, suite à des démissions et désengagements successifs.
Des solutions administratives temporaires
Face à cette situation exceptionnelle, le préfet est intervenu pour débloquer certains aspects administratifs. Il a notamment autorisé l’adjoint à signer les documents officiels en indiquant la mention « maire empêché ». Une formule qui ne satisfait pas pleinement Serge Vaills, qui considère que son supérieur n’est pas « empêché » mais « tout simplement parti ».
Plus significatif encore, le représentant de l’État a autorisé l’équipe municipale à cesser de verser les indemnités au maire absent. Ces émoluments, qui s’élèvent à environ 1 000 euros par mois, continuent d’être versés à Philippe Petitqueux malgré son absence. Cette décision de suspension des indemnités devrait être formellement votée lors du prochain conseil municipal.
Vers un nouveau chapitre politique
En attendant les prochaines élections municipales prévues au printemps, l’équipe restante s’est organisée pour assurer l’essentiel des fonctions communales. La situation, bien que complexe, semble être gérée au mieux par les élus encore en place.
Ce contexte particulier pourrait rebattre les cartes politiques locales. Serge Vaills, qui assure l’intérim du pouvoir municipal, a d’ores et déjà fait savoir qu’il compte se présenter aux prochaines élections municipales, probablement pour tourner définitivement la page de cette gestion municipale mouvementée.
Pour les habitants de Formiguères, cette situation inédite soulève des questions sur la continuité du service public et la responsabilité des élus locaux, alors que des factures continuent d’arriver et que certains dossiers restent en attente de signatures autorisées.

On sent qu’il a le sens des responsabilités de sa commune…..