
Verdict controversé : l'onde de choc des victimes
Dans le département du Gers, une affaire glaçante a révélé comment un homme de 35 ans s’est fait passer pour un professionnel de santé mentale pendant plusieurs mois. Exploitant la vulnérabilité de familles en quête d’aide pour leurs enfants, il a construit une imposture numérique particulièrement élaborée. Le jeudi 19 mars, la justice a dû se prononcer sur un dossier troublant mêlant escroquerie et agressions sexuelles sur des victimes mineures.
Une imposture soigneusement orchestrée
Quentin F., diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique, avait mis en place un stratagème redoutable pour tromper ses victimes. L’homme se présentait comme psychothérapeute qualifié et déployait un piège numérique sophistiqué pour asseoir sa crédibilité.
Sur des plateformes spécialisées, des forums et des groupes Facebook, de faux témoignages élogieux vantaient ses compétences. Ces avis, qu’il avait lui-même rédigés, lui ouvraient les portes de foyers confiants. Il disposait même d’un numéro Siren et usurpait le titre de docteur en psychologie.
Sa compagne, âgée de 29 ans et atteinte du même trouble, jouait le rôle de secrétaire. Représentée par Me Patrick Kabou, elle a affirmé ne rien savoir des agissements criminels de son conjoint.
Un rendez-vous qui vire au cauchemar
L’affaire éclate en novembre 2021 lorsqu’une mère sollicite l’aide de ce prétendu spécialiste pour son fils Maxime, alors âgé de quatre ans. Le pseudo-thérapeute se rendait au domicile des familles, prenait des notes et s’entretenait avec les enfants dans leur chambre, encaissant les paiements comme un véritable professionnel.
Lors du premier rendez-vous, Quentin F. s’isole avec le petit garçon. Un silence prolongé alerte la mère qui ressent un « mauvais pressentiment ». Elle surprend alors l’imposteur en train de rhabiller son enfant.
Les confidences ultérieures de Maxime confirmeront les pires craintes, conduisant au dépôt d’une plainte qui déclenchera une enquête approfondie.
Une enquête aux révélations accablantes
Les investigations ont mis au jour l’ampleur de la supercherie. Aucune trace de Quentin F. n’existait auprès de l’Agence Régionale de Santé ou des universités. Les diplômes étaient falsifiés, l’ensemble de ses qualifications inventé de toutes pièces.
Face aux enquêteurs, le prévenu a reconnu les attouchements sur Maxime, tout en contestant une seconde procédure concernant la sœur de sa compagne. Devant les magistrats, il a évoqué des « pulsions » et des « massages » censés « détendre » ses jeunes patients.
Le juge a souligné la pleine conscience de l’interdit chez l’accusé : « Vous faites tout pour vous rapprocher des enfants ». Aucune autre plainte pour agressions n’a toutefois été enregistrée.
Un verdict qui divise après cinq heures d’audience
Au terme d’une audience de près de cinq heures, la compagne de Quentin F. a été relaxée au bénéfice du doute, la question de l’altération de son discernement ayant été soulevée par la défense.
Concernant l’accusé principal, malgré des réquisitions du parquet réclamant trois ans de prison avec mandat de dépôt, le tribunal a choisi une autre voie. Aucune incarcération n’a été prononcée.
Quentin F. écope d’un suivi socio-judiciaire de six ans. Il devra se soumettre à des obligations de soins, indemniser financièrement les victimes et sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
La colère des familles victimes
À la sortie du tribunal, la mère de Maxime n’a pas caché son indignation face à cette décision qu’elle juge insuffisante. « Nous, nous sommes condamnés à vie », a-t-elle déclaré, la voix brisée par l’émotion.
Pour les parties civiles, cette sentence constitue un véritable affront. Les séquelles psychologiques subies par les enfants victimes et leurs familles contrastent violemment avec l’absence d’emprisonnement immédiat du condamné.
