
La guerre qui embrase le Moyen-Orient franchit un nouveau cap. Alors que les combats s’étendent du Yémen aux Émirats arabes unis en passant par le Koweït, les tensions militaires atteignent un niveau sans précédent. Le conflit, entré dans son deuxième mois, voit désormais les rebelles yéménites rejoindre activement les hostilités régionales, élargissant dangereusement le champ des affrontements.
Le Pentagone envisage des raids terrestres massifs
Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, le Pentagone a élaboré des plans pour mener des opérations de plusieurs semaines sur le territoire iranien. Ces interventions impliqueraient des forces spéciales et d’autres unités militaires, mais s’arrêteraient avant une invasion complète.
L’incertitude demeure quant à l’approbation de Donald Trump concernant ces projets. L’administration américaine envisage par ailleurs de déployer 10 000 soldats supplémentaires en Iran, s’ajoutant aux parachutistes de la 82e division aéroportée et aux 5 000 Marines déjà présents sur place.
Stocks de missiles américains sous tension
L’utilisation massive de missiles Tomahawk inquiète le Pentagone. Selon le Washington Post, plus de 850 missiles ont été tirés en un mois contre l’Iran, menaçant dangereusement les réserves stratégiques américaines.
Bombardements meurtriers sur le sol iranien
Les frappes américano-israéliennes ont causé la mort d’au moins 12 personnes dans plusieurs zones habitées durant la nuit. Sept victimes ont été dénombrées à Boroudjerd et cinq à Zandjan, selon les médias iraniens.
À Téhéran, des explosions ont secoué l’Université des sciences et de la technologie, heureusement sans faire de victimes. L’armée israélienne a confirmé avoir frappé environ 50 cibles avec des avions de combat, visant notamment le siège du complexe industriel produisant des armes pour la marine iranienne.
Un communiqué militaire israélien précise : « La nuit dernière, quelque 50 avions de combat israéliens ont effectué des frappes d’ampleur visant des infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran ».
Infrastructure industrielle paralysée
Les conséquences économiques se font immédiatement sentir. La production de la Khuzestan Steel Company, grande aciérie iranienne, a été totalement interrompue. Les autorités ont annoncé que les chaînes de production de l’usine avaient été arrêtées.
Escalade nucléaire : Bouchehr à nouveau ciblée
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rapporté une troisième attaque en dix jours contre la centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l’Iran. Aucun dommage sur le réacteur actif ni émission de radiation n’ont été signalés.
Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, a lancé un appel solennel « à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d’un accident nucléaire ».
Menaces iraniennes contre les universités américaines
En représailles à la destruction de deux universités iraniennes, les Gardiens de la Révolution ont menacé de cibler les universités américaines au Moyen-Orient. Ils ont posé un ultimatum strict au gouvernement américain.
Leur déclaration est sans ambiguïté : « Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (…), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi ».
Extension du conflit aux pays du Golfe
Émirats arabes unis sous le feu
Les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles dans la nuit. Le ministère de la Défense a confirmé : « Les systèmes de défense aérienne des Émirats arabes unis interviennent activement contre les menaces liées aux missiles et aux drones ».
Emirates Global Aluminium a signalé d’importants dégâts sur un de ses sites à Abou Dhabi. Les autorités émiraties ont recensé six blessés, dont cinq de nationalité indienne victimes d’incendies dans une zone industrielle.
Koweït et Oman également touchés
L’aéroport international de Koweït a subi une attaque de drones causant d’importants dégâts au système radar, sans faire de victimes. L’état-major koweïtien a publié sur X : « Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones hostiles ».
À Oman, le port de Salalah, touché par une attaque de drone, a été évacué et ses opérations suspendues pour 48 heures. L’armée iranienne a également annoncé avoir visé un navire logistique américain près de ce port.
Les Houthis entrent dans la danse
Les rebelles houthis du Yémen ont franchi un cap décisif en revendiquant leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre le 28 février. Une seconde frappe a rapidement suivi.
Yahya Saree, leur porte-parole, a déclaré que les Houthis avaient lancé « des missiles de croisière et des drones » en direction de « plusieurs objectifs vitaux et militaires » en Israël.
Il avait précédemment affirmé : « Nous sommes prêts à une intervention militaire directe en cas de nouvelle alliance avec les Etats-Unis et Israël contre l’Iran (…), de conduite d’opérations hostiles à l’Iran ou tout pays musulman depuis la mer Rouge (…), et en cas de poursuite de l’escalade contre la République islamique » d’Iran.
Lourdes pertes en Arabie saoudite et en Irak
Une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj, en Arabie saoudite, a fait au moins 12 soldats américains blessés, dont deux grièvement. Plusieurs avions de ravitaillement en vol ont été endommagés.
Depuis le 28 février, le bilan américain s’alourdit : 13 militaires tués et plus de 300 blessés.
En Irak, deux policiers ont été tués et cinq blessés dans une frappe à Mossoul. Le ministère de l’Intérieur irakien dénonce une « agression sioniste-américaine ». Deux drones visant l’ambassade américaine à Bagdad ont été interceptés, marquant la première attaque de ce type en dix jours.
Victimes civiles et journalistiques au Liban
Le conflit continue de faire des victimes parmi les civils et les professionnels de l’information. Trois journalistes libanais ont été tués par une frappe israélienne sur leur voiture dans le sud du Liban : Fatima Ftouni d’Al-Mayadeen, Ali Shouaib d’Al-Manar, et un caméraman.
Le président libanais Joseph Aoun a vigoureusement condamné cette action : « Il s’agit d’un crime flagrant qui enfreint toutes les normes et tous les traités en vertu desquels les journalistes bénéficient d’une protection internationale en temps de guerre ».
L’armée israélienne affirme qu’Ali Shouaib était membre de la force al-Radwan, unité d’élite du Hezbollah, « qui opérait depuis des années sous la couverture d’un journaliste ».
Personnel médical décimé
Le ministre libanais de la Santé a annoncé la mort de 51 membres du personnel de santé dans des frappes israéliennes depuis le 2 mars : 5 soignants et 46 secouristes. Neuf hôpitaux dans le sud du pays ont été visés, et 75 attaques contre les services de secours et de santé ont été recensées.
Diplomatie en quête de solutions
Médiation pakistanaise
Le président iranien Massoud Pezeshkian a salué les efforts de médiation du Pakistan. Il a « remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à mettre fin à l’agression contre la République islamique ».
Les ministres des Affaires étrangères d’Arabie saoudite, d’Égypte, de Turquie et du Pakistan se réuniront les 29 et 30 mars à Islamabad pour discuter de la guerre et des efforts de réduction des tensions.
Espoir américain de négociations
L’émissaire américain Steve Witkoff a exprimé l’espoir que des réunions entre l’Iran et Washington auront lieu « cette semaine » pour mettre fin à la guerre.
Appel français à la stabilité irakienne
Emmanuel Macron a appelé à « tout faire » pour « éviter que l’Irak ne soit entraîné dans l’escalade en cours ». Il a fait valoir que « La souveraineté de l’Irak, et du Kurdistan en son sein, sont indispensables à la stabilité régionale ».
Controverses sur les armes employées
Des mines américaines antichars ont été découvertes à deux endroits dans le sud de l’Iran, près de Shiraz. Le New York Times a authentifié ces images. Ces armes à fragmentation sont interdites par une centaine de pays, mais il reste impossible de dater leur dispersion ni de confirmer leur origine américaine.
Trump menace l’OTAN
Donald Trump a déclaré que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide à l’OTAN en cas de besoin. « Ils n’étaient tout simplement pas là », a-t-il affirmé en référence à la demande américaine de soutien militaire pour le détroit d’Ormuz.
Il a ajouté : « Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l’Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n’avons plus à l’être, n’est-ce pas ? ».
Sécurisation des routes pétrolières
Face aux menaces sur leurs approvisionnements, plusieurs pays asiatiques ont négocié des accords de passage sûr dans le détroit d’Ormuz avec l’Iran.
L’Indonésie a obtenu une réponse favorable de Téhéran. La Thaïlande a également conclu un accord permettant le transit sécurisé de ses navires pétroliers. Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a estimé que cela « contribuera à apaiser les inquiétudes concernant l’acheminement de carburant vers la Thaïlande ».
Coopération militaire renforcée
Dans ce contexte explosif, le Qatar et l’Ukraine ont signé un accord de défense incluant une coopération contre les missiles et drones. L’accord prévoit « une collaboration dans les domaines technologiques, le développement d’investissements communs et l’échange d’expertise en matière de lutte contre les missiles et les systèmes aériens sans pilote ».
Les États-Unis et l’Irak ont également annoncé renforcer leur coopération sécuritaire avec la création d’un « haut comité conjoint » pour « empêcher des attaques » par des groupes irakiens pro-iraniens.
