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L’avenir de l’audiovisuel public français fait l’objet d’un débat intense. Un rapport remis récemment propose une refonte complète du secteur, visant des économies considérables qui pourraient transformer en profondeur le paysage médiatique hexagonal. Les propositions, portées par Charles Alloncle, suscitent déjà de vives réactions politiques.
Des économies massives pour réorienter les budgets
Le rapport préconise une réduction drastique des coûts dans l’audiovisuel public, avec un objectif chiffré à 1 milliard d’euros d’économies. Cette somme représente plus d’un quart du budget total actuellement alloué au secteur.
Ces économies substantielles ne seraient pas perdues pour l’État. L’idée consiste à réorienter ces fonds vers d’autres politiques publiques jugées prioritaires, notamment la rénovation du patrimoine. Une stratégie qui révèle les arbitrages budgétaires auxquels fait face le gouvernement.
Une refonte radicale de l’offre télévisuelle et radiophonique
Fusions et suppressions de chaînes
Pour parvenir à ces économies, le rapport suggère une rationalisation importante de l’offre. Plusieurs chaînes seraient amenées à fusionner : France 2 et France 5 d’une part, Franceinfo et France 24 d’autre part. Les réseaux régionaux ne seraient pas épargnés, avec une fusion envisagée entre France 3 et France Bleu.
Plus radical encore, certaines chaînes et radios disparaîtraient purement et simplement. France 4, le Mouv’ et Slash figurent sur la liste des suppressions envisagées. Le nouveau modèle se concentrerait essentiellement sur l’information et la culture.
Réduction des programmes de divertissement
Les budgets consacrés aux divertissements et aux jeux télévisés feraient l’objet de coupes budgétaires significatives. Le sport ne serait pas totalement abandonné, mais réservé aux événements majeurs comme le Tour de France, Roland-Garros ou le Tournoi des Six Nations.
Les autres compétitions sportives pourraient être cédées au secteur privé, marquant un désengagement progressif de l’audiovisuel public dans ce domaine.
Réforme de la gouvernance et de l’organisation
Un nouveau mode de nomination
Le rapport propose également une refonte complète du mode de gouvernance des entreprises publiques audiovisuelles. Les dirigeants seraient nommés par le président de la République, avec un avis consultatif du Parlement et de l’Arcom.
Une tutelle administrative dédiée serait créée, placée sous l’autorité du Premier ministre, pour assurer un suivi plus étroit de ces organismes.
Optimisation de la production
L’organisation interne ferait l’objet d’une rationalisation poussée. Le rapport préconise une augmentation de la concurrence entre les boîtes de production, avec une limitation des contrats accordés à un même groupe.
Parallèlement, certaines émissions d’information et de débat seraient internalisées. Les fonctions supports seraient mutualisées et les niveaux hiérarchiques réduits pour gagner en efficacité.
Vers plus de diversité éditoriale et de transparence
Ouverture à de nouveaux profils
Pour enrichir les débats, le rapport suggère une diversification des profils d’éditorialistes, en faisant appel à des personnalités issues de médias privés. Une plateforme participative permettrait même aux citoyens de proposer des sujets ou des invités.
En contrepartie, les communications des salariés sur les réseaux sociaux feraient l’objet d’un encadrement plus strict, visant à préserver la neutralité de l’audiovisuel public.
Prévention des conflits d’intérêts
La transparence des dirigeants serait renforcée, avec des mesures de prévention des conflits d’intérêts. Les reconversions des cadres dirigeants seraient encadrées par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Des propositions qui enflamment le débat politique
Ces recommandations ont provoqué l’ire de la gauche à l’Assemblée nationale. Des députés, dont Erwan Balanant, envisagent même la rédaction d’un « contre-rapport » pour s’opposer à ces orientations.
Les polémiques ne manquent pas autour de l’audiovisuel public, notamment suite à des propos tenus lors de la cérémonie des Molières et à une controverse concernant des propos sur le christianisme diffusés sur France Inter. Une étude d’Hexagone a par ailleurs mis en lumière un déséquilibre dans les émissions de débat, avec une sous-représentation de la droite.
