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Les tensions au Moyen-Orient connaissent un tournant majeur avec l’extension de la trêve entre Israël et le Liban. Alors que le détroit d’Ormuz reste au cœur des préoccupations internationales et que les négociations sur le nucléaire iranien piétinent, cette prolongation intervient dans un contexte régional explosif où chaque décision diplomatique pèse lourd.
Une trêve prolongée in extremis à Washington
Les négociations menées dans la capitale américaine ont abouti à une extension de 45 jours supplémentaires du cessez-le-feu entre Israël et le Liban, au-delà de l’échéance prévue dimanche. L’accord initial, entré en vigueur le 16 avril, a ainsi été reconduit.
Les pourparlers, qualifiés de « productifs et positifs », visent à « permettre de nouveaux progrès ». Cette avancée diplomatique intervient alors que les affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah ont fait plus de 2 800 morts au Liban depuis le début du conflit le 2 mars, dont au moins 200 enfants selon les autorités libanaises.
Beyrouth mise sur une stabilité durable
La délégation libanaise a salué cette prolongation comme une opportunité majeure. « L’extension de la trêve et la mise en place d’un volet sécuritaire facilité par les Etats-Unis offrent un répit essentiel à nos citoyens, renforcent les institutions de l’Etat et ouvrent la voie à une stabilité durable », a-t-elle déclaré.
Le Liban insiste sur la nécessité de « mettre en œuvre un processus par étapes et vérifiable », avec le soutien de Washington, « pour éviter les échecs des accords précédents ». De son côté, Téhéran exige que toute trêve inclue la cessation des frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban.
Le Premier ministre libanais dénonce le Hezbollah
Dans une sortie remarquée, le Premier ministre libanais a vivement critiqué le mouvement pro-iranien, l’accusant d’avoir entraîné le pays dans une guerre « irresponsable ».
« Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers », a-t-il lancé, plaidant pour que seules les forces armées nationales détiennent des armes. Il espère « mobiliser tout le soutien arabe et international pour renforcer notre position » dans les négociations futures.
Des frappes meurtrières malgré la trêve
Les violences se poursuivent sur le terrain. Une frappe israélienne contre un centre de défense civile dans le sud du Liban a tué au moins six personnes, dont trois ambulanciers, et fait 22 blessés.
Trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, ont été tués à Harouf. Au total, les frappes israéliennes ont causé au moins 37 blessés dans le sud du pays. L’armée israélienne continue ses opérations dans la région de Tyr.
Ripostes du Hezbollah et pertes israéliennes
Le Hezbollah affirme avoir visé avec des drones une caserne israélienne à Nahariya, dans le nord d’Israël, déclarant avoir « pris pour cible la caserne de Liman » avec « une escadrille de drones d’attaque ». Des engins explosifs sont tombés sur le territoire israélien sans faire de victimes.
Un soldat israélien, le sergent-chef Negev Dagan, 20 ans, a été tué dans le sud du Liban. Ce décès porte à 20 le nombre de morts dans les rangs israéliens depuis début mars (19 soldats et un contractuel).
Israël multiplie les appels à l’évacuation
L’armée israélienne a émis des appels à évacuer cinq villages du sud du Liban près de Tyr, affirmant être « obligée d’agir avec force » contre le Hezbollah « à la lumière de la violation de l’accord de cessez-le-feu ».
Elle a également demandé aux habitants de plusieurs immeubles de Tyr de « vous éloigner immédiatement de ces immeubles et des structures environnantes, et à vous déplacer à au moins 300 mètres de distance d’eux », en prévision de nouvelles frappes.
Gaza : Netanyahou revendique le contrôle de 60% du territoire
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou affirme que les forces israéliennes contrôlent désormais 60% de la bande de Gaza. « Nous avons ramené chez nous tous nos otages, jusqu’au dernier. (…) Nous n’avons cédé aucun territoire. Certains nous disaient de partir, nous ne sommes pas partis et aujourd’hui, nous contrôlons 60% du territoire. Demain, nous verrons », a-t-il déclaré.
L’armée israélienne a récemment mené une frappe visant Ezzedine al-Haddad, présenté comme commandant de la branche militaire du Hamas et « l’un des principaux architectes du massacre du 7-Octobre ».
Mahmoud Abbas plaide à l’ONU pour les droits palestiniens
Le président Mahmoud Abbas a affirmé devant l’ONU que le peuple palestinien ne peut être « ignoré » et que personne d’autre n’a le droit de déterminer son avenir.
« Commémorer cet anniversaire est une reconnaissance d’une injustice historique contre le peuple palestinien qui reste ancré dans sa terre, et représente un pas dans la bonne direction pour réparer cette injustice », a-t-il souligné.
Des critiques contre Israël et un appel à l’autodétermination
« Cela affirme que notre peuple dynamique ne peut être ignoré, ni son droit à l’autodétermination, à l’indépendance, au retour et à la souveraineté, comme toutes les nations », a poursuivi Abbas.
Il a averti : « Personne dans ce monde, je répète, personne d’autre n’a le droit de déterminer le destin de la Palestine, et quiconque croit que parvenir à la paix et à la sécurité sans respecter les droits des Palestiniens (…) est en plein délire ». Il a déploré que le cessez-le-feu à Gaza « reste fragile » et que l’aide humanitaire est toujours entravée, « en violation claire par Israël de la vision du président Trump ».
Le détroit d’Ormuz partiellement débloqué par l’Iran
Le détroit d’Ormuz, quasi entièrement paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et largement bloqué depuis le conflit avec les États-Unis et Israël du 28 février, connaît une évolution notable.
Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de transiter, avec plus de 30 bâtiments autorisés au cours des dernières 24 heures, incluant « plusieurs navires chinois ».
Les conditions posées par Téhéran
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a précisé : « Tous les navires peuvent traverser le détroit d’Ormuz, à l’exception de ceux qui sont en guerre avec Téhéran ». Les navires souhaitant passer doivent se coordonner avec la marine iranienne.
Cette décision intervient alors que Pékin a réclamé la réouverture du détroit « dès que possible » et que les Émirats arabes unis accélèrent la construction d’un nouvel oléoduc, prévu pour 2027, afin de contourner cette voie maritime stratégique.
Un cargo sud-coréen attaqué : Séoul soupçonne l’Iran
Des débris du cargo HMM Namu, exploité par un armateur sud-coréen et endommagé le 4 mai par « deux appareils non identifiés » dans le détroit, sont arrivés en Corée du Sud pour analyse.
La Corée du Sud soupçonne fortement l’Iran d’être à l’origine de cette attaque. Pendant ce temps, le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en mer d’Arabie, son déploiement étant décrit comme « complètement défensif et dans le respect du droit international ».
Trump et Xi s’accordent contre le nucléaire iranien
Donald Trump a affirmé que lui et le président chinois Xi Jinping « s’accordent pour dire que l’Iran ne doit pas posséder l’arme nucléaire » et « veulent que les détroits soient ouverts ».
Le président américain a déclaré qu’il se « sentirait mieux » si les États-Unis récupéraient l’uranium enrichi de l’Iran et a évoqué l’option de « bombarder de nouveau » les sites nucléaires iraniens, en référence aux frappes de 2025.
Washington hausse le ton face à Téhéran
Trump a averti l’Iran qu’il devait conclure un accord : « Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (…) Ils devraient conclure un accord. N’importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz partage cette position, estimant qu’il ne faut pas laisser Téhéran se doter de l’arme nucléaire. Les États-Unis imposent par ailleurs leur propre blocus naval aux ports iraniens.
L’Iran se méfie mais reste ouvert aux négociations
Abbas Araqchi affirme avoir « reçu des messages » de Washington se disant prêt à poursuivre les négociations. Le chef de la diplomatie iranienne a toutefois déclaré que Téhéran n’a « aucune confiance » dans les États-Unis et n’est disposé à négocier que si Washington fait preuve de sérieux.
Il s’est néanmoins montré ouvert à une aide chinoise : « Nous apprécions tout pays qui peut aider, en particulier la Chine », ajoutant : « Nous entretenons de très bonnes relations avec la Chine, nous sommes des partenaires stratégiques et nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue pour la République islamique ».
Pékin appelle à un cessez-le-feu global
La Chine a réclamé un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d’Ormuz « dès que possible ».
« Les voies maritimes doivent être rouvertes dès que possible comme le demande la communauté internationale (…) Un cessez-le-feu global et durable doit être instauré dès que possible », a déclaré Pékin, ajoutant : « Cette guerre, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, n’a aucune raison de se poursuivre ».
Autres tensions régionales
Deux drones ont ciblé le quartier général d’un groupe d’opposition kurde iranien au nord d’Erbil, en Irak, illustrant l’extension des tensions.
Par ailleurs, environ 80 vols vers la Corse (d’avril à mai par la compagnie Volotea) ont été annulés, en partie à cause du « climat anxiogène » de la guerre au Moyen-Orient et du prix des carburants. Les Émirats arabes unis ont rejeté « catégoriquement » les allégations iraniennes les accusant de jouer un rôle « actif » aux côtés des États-Unis et d’Israël.
