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Entre menaces de reprise des hostilités et espoirs d’une sortie de crise, la situation diplomatique entre les États-Unis et l’Iran cristallise l’attention internationale. Alors que les discussions semblent progresser, les zones de tensions restent vives et les positions fluctuent au gré des déclarations de part et d’autre.
Un projet d’accord en phase finale
Le porte-parole iranien Esmaïl Baghaï a révélé vendredi que Téhéran se trouvait en « phase de finalisation » d’un protocole d’entente avec Washington. Ce document comporterait 14 clauses et marquerait un tournant majeur dans les relations entre les deux nations.
À la télévision d’État Irib, le diplomate a fait état d’une « tendance au rapprochement » après plusieurs semaines de pourparlers bilatéraux. Cette avancée survient dans un contexte où la communauté internationale scrutait chaque signal en provenance des capitales.
Les points clés de la proposition
D’après CBS News, citant des sources proches des discussions, l’arrangement prévoirait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, point névralgique du transport pétrolier mondial. Le dégel de certains actifs iraniens gelés à l’étranger figurerait également au programme.
Les médiateurs, selon le Financial Times, évoquent une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu ainsi qu’un cadre de discussions sur le programme nucléaire iranien. Des mesures d’allégement du blocus des ports iraniens seraient envisagées par Washington.
Trump oscille entre optimisme et menaces
Le président américain a multiplié les interventions vendredi, affirmant à CBS News qu’un accord « se rapproche grandement » et que « chaque jour, ça s’améliore ». Une tonalité plutôt positive qui tranche avec ses évaluations précédentes.
Auprès d’Axios, il a toutefois estimé à « 50-50 » les chances d’un « bon » accord ou d’une reprise de la guerre. Sans compromis, il a menacé de faire « exploser » les Iraniens « jusqu’à la fin des temps », démontrant la volatilité de sa position.
Une annonce imminente sur Truth Social
Tard dans la soirée de vendredi, le locataire de la Maison Blanche a publié sur Truth Social qu’un accord « a été largement négocié et reste à finaliser ». Il a précisé avoir eu un échange téléphonique avec le Premier ministre israélien Netanyahu, qualifié de très positif.
Il a ajouté : « Les derniers aspects et détails de l’accord sont en cours de discussion et seront annoncés prochainement. Outre de nombreux autres éléments de l’accord, le détroit d’Ormuz sera ouvert ».
Les réserves iraniennes sur le nucléaire
Malgré les avancées, Esmaïl Baghaï a tenu à clarifier que le dossier nucléaire ne faisait pas partie « à ce stade » du cadre de l’accord en discussion. Il a déclaré : « Nous savons que notre dossier nucléaire a servi de prétexte à deux guerres d’agression contre le peuple iranien ».
Le porte-parole a également confirmé que la levée du blocus imposé sur les ports iraniens et la question du détroit d’Ormuz figuraient parmi les 14 points négociés. Le texte mentionnerait aussi « la fin des actes de piraterie menés par les États-Unis contre la navigation internationale ».
Téhéran accuse Washington d’obstruction
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dénoncé auprès du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres les « positions contradictoires et demandes excessives répétées » des États-Unis. Ces éléments « perturbent le processus de négociations menées sous l’égide du Pakistan », selon les agences Tasnim et Fars.
Il a néanmoins assuré que Téhéran s’était « engagé dans ce processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux », malgré une « profonde méfiance » envers Washington.
Une réponse militaire brandie en cas d’échec
Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a promis une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre. Il a affirmé que les forces armées iraniennes s’étaient « reconstruites » pendant le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.
« Si Trump commet un autre acte insensé et relance la guerre, (les conséquences) seront certainement beaucoup plus écrasantes et amères pour les États-Unis que le premier jour de la guerre », a-t-il prévenu.
Macron active la diplomatie française
Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu samedi avec Donald Trump et les dirigeants des Émirats arabes unis, du Qatar, d’Arabie saoudite et de Jordanie au sujet de la guerre au Moyen-Orient. Une source diplomatique a précisé que la France pousse pour la voie diplomatique.
Paris fait de « la réouverture du détroit d’Ormuz, complète et sans péage » sa priorité numéro un, suivie de la conclusion d’un cessez-le-feu et de la reprise des négociations sur les volets nucléaire, balistique et régional.
Des tensions persistantes au Liban
Sur le terrain, les incidents se multiplient malgré la trêve. L’armée israélienne a annoncé vendredi des frappes imminentes sur plusieurs villages du sud du Liban situés au nord du fleuve Litani. Le colonel Avichay Adraee a appelé les habitants à évacuer pour leur sécurité.
L’armée libanaise a rapporté qu’une frappe israélienne avait ciblé une caserne dans le sud du pays, blessant un soldat. Les opérations menées samedi matin dans les districts de Tyr, Bint Jbeil et Nabatiyé ont causé au moins un mort, selon L’Orient le Jour.
Le Hezbollah assuré du soutien iranien
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a reçu un message du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ce dernier a assuré que l’Iran « ne renoncera pas à son soutien aux mouvements qui réclament la justice et la liberté, au premier rang desquels le Hezbollah ».
Cette communication intervient alors que la dernière proposition de Téhéran visant à mettre fin à la guerre avec les États-Unis incluait un cessez-le-feu au Liban.
Un dispositif militaire maintenu
Le porte-avions français Charles de Gaulle reste positionné au large de la péninsule arabique, près du détroit d’Ormuz. Après avoir franchi le canal de Suez, il se trouve actuellement près du golfe d’Aden, dans l’océan Indien.
Les médias américains rapportent que Washington envisage de nouvelles frappes contre Téhéran. CBS News indique que des militaires américains se préparent à d’éventuels bombardements au cours du week-end. Vendredi, Donald Trump avait rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, selon Axios.
Une option militaire « décisive » évoquée
D’après une source proche citée par Axios, le président américain aurait évoqué le lancement d’une dernière opération militaire majeure « décisive » pour proclamer la victoire et mettre fin à la guerre. Il a déjà plusieurs fois menacé de reprendre les bombardements avant de se raviser.
Le président a d’ailleurs annoncé qu’il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas ce week-end, devant rester à Washington pour des « raisons ayant trait aux affaires de l’État ».
Un contrôle maritime maintenu par l’Iran
La marine des Gardiens de la révolution iraniens affirme que 25 navires ont traversé le détroit d’Ormuz après avoir obtenu l’autorisation de l’Iran au cours des dernières 24 heures, selon l’agence Fars. Ce chiffre témoigne du maintien du contrôle de Téhéran sur ce passage stratégique.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a estimé vendredi qu’il y avait « une chance » que l’Iran accepte un accord dès samedi. « Il est possible que plus tard aujourd’hui, demain ou dans quelques jours, nous ayons des informations à communiquer », a-t-il déclaré.
