
Vigilance stratégique sur un détroit
Les tensions explosent au Moyen-Orient alors que Washington intensifie sa campagne militaire contre la République islamique. Entre représailles américaines et ripostes iraniennes, la région bascule dans une spirale d’escalade aux conséquences régionales dramatiques. Le conflit, déclenché après une attaque meurtrière en Jordanie mi-juillet, embrase désormais plusieurs pays du Golfe.
Une campagne de bombardements sans précédent
L’armée américaine poursuit ses opérations militaires sur le territoire iranien pour la huitième nuit d’affilée. Les cibles visées incluent des installations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, jugés responsables de l’offensive du 17 juillet en Jordanie.
Les forces américaines ont détruit des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes. L’objectif affiché : réduire la capacité iranienne à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz.
Selon Téhéran, les frappes dans la province d’Hormozgan, située au sud du pays, ont causé trois morts et huit blessés. Un bilan qui pourrait s’alourdir alors que les bombardements se poursuivent.
Téhéran promet une offensive totale
Face aux attaques répétées, la République islamique hausse le ton. Mohsen Rezaï, haut responsable iranien, a lancé un avertissement sans équivoque : « L’Iran ne se contentera plus de riposter, et aucune frontières ne sera à l’abri » si les bombardements persistent au-delà de « deux-trois jours ».
Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est allé plus loin, menaçant d’infliger « des leçons inoubliables » aux États-Unis. Il a dénoncé la « violation répétée » du protocole d’accord du 17 juin, affirmant qu’elle « a une fois de plus démontré à tous que la signature du président américain est sans valeur ».
Le détroit d’Ormuz verrouillé depuis une semaine
L’Iran a repris le contrôle de ce passage stratégique pour le commerce pétrolier mondial. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé que deux pétroliers avaient explosé et pris feu dans une zone minée au sud du détroit, et que quatre autres navires avaient été stoppés. Le Commandement central américain (Centcom) a toutefois démenti ces informations.
Des ripostes iraniennes qui s’étendent dans la région
Téhéran a étendu sa réponse militaire aux alliés de Washington dans le Golfe. L’armée iranienne a revendiqué des attaques contre deux bases militaires au Koweït (Camp Udairi et base aérienne Ali Al-Salem) à l’aide de drones suicides.
Une base aérienne utilisée par les États-Unis à Bahreïn (base de Sheikh Isa) a également été frappée avec des drones explosifs. Ces opérations marquent un élargissement géographique du conflit.
Capacités militaires iraniennes renforcées
Selon le Wall Street Journal, l’Iran « s’est adapté aux systèmes de défense américains, tirant des missiles à très grande vitesse capables de manœuvrer en vol, selon des responsables américains ». Cette évolution technologique soulève des inquiétudes quant à un possible soutien de la Chine ou de la Russie.
Les pays du Golfe sous le feu iranien
Jordanie : pertes américaines et interceptions massives
L’armée jordanienne a réussi à intercepter 10 missiles iraniens, évitant victimes et destructions. Cependant, deux militaires américains ont été tués et un autre porté disparu lors d’une attaque repoussée. Un nombre important d’hélicoptères Blackhawk ont été endommagés dans une base située à l’est du pays.
Koweït : infrastructures civiles ciblées
L’émirat accuse Téhéran de viser délibérément des sites civils et des infrastructures essentielles. Une centrale électrique et une installation pétrolière ont été touchées lors des premières attaques. Une deuxième centrale électrique et de dessalement a ensuite été frappée, provoquant un incendie et l’arrêt de plusieurs unités de production.
Ces attaques ont causé deux incendies majeurs, blessant plusieurs pompiers et un travailleur. L’armée koweïtienne continue d’intercepter missiles et drones iraniens.
Bahreïn : attaques aériennes repoussées
L’armée bahreïnie a intercepté plusieurs « attaques aériennes iraniennes perfides », selon les autorités du royaume insulaire.
Le Conseil de coopération du Golfe dénonce des crimes de guerre
Le CCG a qualifié les attaques contre les infrastructures civiles de Bahreïn, Jordanie et Koweït de « crimes de guerre ». L’organisation régionale juge ces actions comme une « escalade extrêmement dangereuse » pour la stabilité du Moyen-Orient.
Tensions persistantes en Palestine malgré le cessez-le-feu
À Gaza, dix personnes ont été tuées par des frappes israéliennes, dont un couple et trois de leurs enfants, malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025. L’armée israélienne affirme avoir visé un « terroriste du Hamas ».
En Cisjordanie, Fadi Hamdallah al-Nassan, un adolescent palestinien de 17 ans, est décédé après avoir été blessé lors d’une attaque de colons israéliens. Plusieurs incendies dans le nord du territoire ont entraîné l’évacuation des colonies de Kedumim et Havat Gilad, blessant au moins deux pompiers. Treize habitations et un entrepôt de bois ont été détruits.
Développements connexes dans la région
Liban : funérailles et diplomatie
Le Hezbollah pro-iranien a organisé des funérailles collectives pour une quarantaine de combattants tués dans le conflit avec Israël. Le président libanais Joseph Aoun s’est rendu à Washington le 21 juillet pour rencontrer Donald Trump et discuter de la situation au Liban.
Irak : 48 accords signés avec les États-Unis
Lors de la visite du Premier ministre irakien, Bagdad a signé 48 accords et partenariats avec des compagnies américaines, principalement pétrolières (ExxonMobil, KBR, GE Vernova, Shell, Halliburton). Un accord avec Starlink a été conclu pour développer le réseau internet par satellite. Un projet de remise en état d’un oléoduc Irak-Syrie vise à ouvrir une nouvelle route stratégique de transport pétrolier.
New York : possibilité d’arrêter Netanyahou évoquée
Le maire de New York, Zohran Mamdani, explore la possibilité légale d’arrêter le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Il affirme que Netanyahou est « un criminel de guerre visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale ».
Iran : exécution d’un manifestant
Aref Khoshkar a été exécuté pour le meurtre d’un membre des forces de sécurité lors des manifestations de 2022.
