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Dans la lutte contre les réseaux de stupéfiants, les autorités algériennes franchissent un cap spectaculaire. Une ancienne installation militaire perdue dans l’une des zones les plus inhospitalières du Sahara va accueillir les plus dangereux barons de la drogue du pays. Une décision radicale qui illustre l’ampleur du fléau.
Le Tanezrouft, nouveau bagne pour narcotrafiquants
La présidence algérienne a annoncé la transformation d’une caserne militaire située dans le désert du Tanezrouft, à l’extrême sud-ouest du territoire, en établissement pénitentiaire de très haute sécurité. Cette information, relayée par l’AFP, fait suite à une décision prise lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité.
Le président Abdelmadjid Tebboune a présidé cette session au cours de laquelle le sort des plus importants trafiquants du pays a été scellé. Ils seront désormais isolés dans cette région reculée, à la frontière avec le Mali.
Un environnement extrême comme mesure dissuasive
Le choix de cette localisation ne doit rien au hasard. Le Tanezrouft est surnommé le « pays de la soif », une étendue désertique quasiment inhabitée où les températures peuvent dépasser 50°C durant l’été.
Cette zone hostile constituera un isolement quasi total pour les détenus qui y seront transférés. Aucune précision n’a toutefois été communiquée concernant le calendrier de mise en œuvre, la capacité d’accueil ou les conditions exactes de fonctionnement de cet établissement.
Un arsenal renforcé contre les réseaux de stupéfiants
Parallèlement à cette prison ultra-sécurisée, les autorités algériennes prévoient la création d’un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte antidrogue. Cette structure s’inspirera des modèles d’agences étrangères, notamment la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.
Une épidémie de toxicomanie qui frappe le pays
Cette offensive s’inscrit dans un contexte alarmant. Selon l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), plus de trois millions de personnes sont concernées par la consommation de stupéfiants dans le pays.
Les saisies récentes témoignent de l’ampleur du trafic : plus de dix millions de capsules de prégabaline et plus de 33 kilos de cocaïne ont été interceptés ces derniers temps.
La problématique carcérale au-delà des frontières
La question de la détention des criminels dangereux préoccupe également d’autres pays. En France, la prison de Réau a récemment ouvert un quartier de haute sécurité destiné à améliorer la surveillance des détenus les plus menaçants.
Les établissements pénitentiaires font face à des défis inédits, comme à Hautepierre où les hélicoptères sanitaires se voient interdire l’atterrissage nocturne en raison de survols de drones utilisés pour livrer stupéfiants et téléphones portables aux prisonniers.
Du côté judiciaire, la chambre d’application des peines de Caen a annulé le transfert de Grégory Lenoci, condamné pour tentative d’assassinat, vers un autre établissement. Pendant ce temps, Gérald Darmanin multiplie les déplacements en milieu carcéral, notamment en Île-de-France et en Occitanie, dans le cadre de la lutte contre les trafiquants de drogue.
