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Un drame médical survenu il y a près de sept ans dans le Calvados refait surface devant la justice. Une patiente est morte après une succession de défaillances dans sa prise en charge, impliquant aussi bien le service de régulation que l’équipe hospitalière. L’affaire, qui soulève de lourdes questions sur les responsabilités médicales, vient de connaître un nouveau rebondissement procédural.
Une succession d’erreurs fatales en 2018
Les faits remontent à 2018 à Bayeux, où une femme souffrant de violentes douleurs abdominales accompagnées de vomissements n’a pas obtenu l’intervention du SAMU. Malgré la gravité de ses symptômes, aucune ambulance n’a été dépêchée sur place.
Face à cette situation, son compagnon a dû prendre l’initiative de la conduire lui-même à l’établissement hospitalier. Une fois sur place, l’état de santé de la patiente s’est rapidement détérioré jusqu’à son décès survenu à 19h30 le même jour.
Quatre professionnels de santé dans le viseur de la justice
Le tribunal de Caen examine actuellement cette affaire sous l’angle pénal. Quatre médecins sont poursuivis pour leur rôle présumé dans ce drame.
Les médecins régulateurs mis en cause
Deux praticiens du SAMU font face à des accusations de « non-assistance à personne en danger ». Leur refus d’envoyer une ambulance lors de l’appel initial est au cœur des reproches.
Les urgentistes de l’hôpital également poursuivis
Deux médecins urgentistes de Bayeux sont quant à eux accusés d’« homicide involontaire ». Les charges retenues concernent l’absence d’un examen médical déterminant qui aurait permis de découvrir la grossesse de la victime, ainsi qu’un retard dans la réalisation d’un acte thérapeutique crucial.
Un procès reporté de trois ans
La procédure judiciaire vient de subir un report important jusqu’en 2027. Cette décision vise à permettre la réalisation d’une contre-expertise contradictoire, réclamée par les défenses des prévenus.
Pourtant, trois expertises judiciaires avaient déjà été menées dans cette affaire. Toutes ont abouti à la même conclusion : une prise en charge médicale tardive qui a directement entraîné le décès de la patiente.
Une bataille d’expertises devant les tribunaux
Les avocats représentant les quatre médecins contestent fermement les résultats des expertises réalisées jusqu’à présent. Selon leur argumentation, les éventuelles défaillances constatées relèveraient davantage de la responsabilité administrative que du droit pénal.
Cette distinction juridique est essentielle : elle détermine le cadre dans lequel les faits doivent être jugés et les sanctions éventuellement applicables.
La frustration des parties civiles
Du côté des proches de la victime, la déception est palpable. Les avocats des parties civiles déplorent ce nouveau report qui repousse encore l’échéance d’un jugement.
Ils regrettent également qu’une information judiciaire plus complète n’ait pas été ouverte pour approfondir les circonstances exactes du drame. Cette frustration est d’autant plus forte que l’affaire rappelle d’autres cas médiatiques de dysfonctionnements au sein des services d’urgence.
L’attente se prolonge donc pour une famille en quête de réponses et de reconnaissance des responsabilités dans ce drame qui aurait pu être évité.
