
Mathilde Panot ©Alamy
Les propos de la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale suscitent une vive polémique. En s’attaquant frontalement aux discours identitaires, Mathilde Panot ravive le débat sur l’évolution démographique et culturelle du pays, provoquant des réactions incisives de l’extrême droite.
Un mythe identitaire au cœur de la controverse
Invitée sur le plateau de l’émission « Le Fauteuil » diffusée sur la chaîne YouTube Le Média ce 25 mai 2025, Mathilde Panot a livré une analyse sans concession des narratifs portés par l’extrême droite française.
Selon la députée insoumise, ces formations politiques entretiennent une image totalement déconnectée de la réalité historique. « L’extrême droite fantasme une France qui n’existe pas et n’a jamais existé : une France blanche et chrétienne, qui serait envahie par je ne sais qui », a-t-elle affirmé avec force.
La théorie du « grand remplacement » dans le viseur
La présidente du groupe LFI a particulièrement ciblé cette théorie conspirationniste qui alimente les discours identitaires depuis plusieurs années. Elle dénonce un mythe dangereux qui déforme la perception de l’identité nationale.
Une « nouvelle France » assumée par les Insoumis
Le programme de La France insoumise, intitulé « L’Avenir en commun », propose une vision radicalement différente de la société française contemporaine. Le mouvement évoque sans détour l’émergence d’une « nouvelle France ».
Cette transformation s’articule autour de plusieurs axes majeurs : une société profondément marquée par les flux migratoires, une urbanisation croissante et une élévation générale du niveau d’éducation. Le parti insiste également sur les mutations concernant la place des femmes dans l’espace public et professionnel.
Des chiffres sur l’évolution démographique
Pour étayer sa démonstration, Mathilde Panot met en avant des données démographiques significatives. « On a un peuple qui a profondément changé depuis 1958 », souligne-t-elle.
La députée avance un chiffre frappant : un Français sur trois aurait aujourd’hui un grand-parent étranger, contre seulement un sur dix en 1958. Une statistique qui témoigne, selon elle, d’une transformation structurelle de la composition de la population.
Des réactions virulentes de l’opposition
Les déclarations de la responsable insoumise n’ont pas tardé à provoquer un torrent de réponses acerbes du côté des formations d’extrême droite.
Reconquête à l’offensive
Sarah Knafo, députée européenne Reconquête, a directement interpellé Mathilde Panot sur les réseaux sociaux : « Madame Panot, pourquoi vouloir une « nouvelle » France si l’ancienne n’a jamais existé ? »
Éric Zemmour, président du parti, a choisi l’ironie cinglante pour commenter l’extrait vidéo : « Oui, bien sûr, la France a toujours été : Master Poulet, Tasty Crousty, rixes à la machette, Burkini et imams salafistes. Tout le monde le sait. »
Le Rassemblement national entre dans la danse
Aymeric Durox, sénateur RN de Seine-et-Marne, a opté pour une critique plus subtile visant directement la composition sociologique du mouvement insoumis : « Pourtant quand on regarde les cadres de LFI on a quand même l’impression que ça a existé. »
Cette nouvelle séquence illustre la fracture idéologique béante qui traverse le paysage politique français sur les questions d’identité, d’immigration et de transformation sociétale.
