
Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou ©Alamy
L’affaire judiciaire autour du financement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017 vient de franchir une étape décisive. Après plusieurs années d’investigations, les magistrats instructeurs ont bouclé leur enquête, révélant des soupçons de surfacturations et d’escroquerie présumée au détriment des finances publiques. Quatre personnalités et entités proches du mouvement La France insoumise se retrouvent aujourd’hui mises en examen.
Quatre mises en examen au cœur du dossier
L’information judiciaire, lancée en novembre 2018, a officiellement été clôturée début mai 2023. Les investigations ont conduit à l’incrimination de quatre acteurs majeurs de cette campagne électorale.
Parmi eux figure Sophia Chikirou, députée de Paris, poursuivie pour escroquerie aggravée, abus de biens sociaux et recel d’abus de confiance. Son entreprise Mediascop, société de conseil en communication, se trouve au centre des soupçons de malversations financières.
Bastien Lachaud, député LFI de Seine-Saint-Denis, fait également l’objet d’une mise en examen pour prêt illicite de main-d’œuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie.
Une association et sa mandataire dans la tourmente
L’association L’Ère du peuple, ainsi que sa mandataire financière Marie-Pierre Oprandi, ont également été incriminées. Les charges retenues concernent principalement le prêt illicite de main-d’œuvre, auxquelles se sont ajoutées ultérieurement des accusations d’escroquerie et de faux.
Les origines de l’enquête judiciaire
Les premières alertes remontent à avril 2018, suite aux signalements formulés par la Commission nationale des comptes de campagne et par Tracfin, l’organisme de lutte contre le blanchiment d’argent.
Les enquêteurs ont rapidement orienté leurs recherches vers Mediascop, la société de Sophia Chikirou. Les investigations portaient sur de possibles surfacturations durant la campagne présidentielle, constituant potentiellement une escroquerie au détriment de l’État.
Des perquisitions menées dès 2018
En octobre 2018, des opérations de perquisition ont été organisées au siège du mouvement politique ainsi qu’aux domiciles de plusieurs personnes impliquées. Un mois plus tard, l’affaire était confiée à des juges d’instruction pour approfondir les investigations.
Un second dossier sans suite judiciaire
Parallèlement à cette enquête principale, un autre volet concernant les assistants parlementaires avait été ouvert. Ce second dossier a finalement été clôturé sans qu’aucune mise en examen ne soit prononcée, n’ayant pas révélé d’éléments suffisamment probants.
