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Dans les hauteurs ariégeoises, une famille se bat contre le temps et l’oubli. Depuis octobre dernier, Suzon Marques, une septuagénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, s’est volatilisée dans les environs d’une station de montagne. Malgré les recherches et l’engagement de dizaines de bénévoles, aucune piste concrète n’émerge.
Un mystère qui perdure depuis huit mois
Âgée de 68 ans, Suzon Marques a été aperçue pour la dernière fois alors qu’elle déposait les ordures ménagères près des conteneurs de la station des Monts d’Olmes. Elle venait de quitter le chalet familial pour cette tâche banale qui allait marquer le début d’une énigme glaçante.
Un seau à ordures, retrouvé à proximité des poubelles, constitue l’un des rares indices matériels. Un chien policier avait d’ailleurs stoppé net son flair devant ces mêmes conteneurs lors des premières investigations. Face au silence persistant, la gendarmerie de l’Ariège a diffusé un appel à témoignages dès le mois de mai.
Une mobilisation citoyenne impressionnante
Le samedi 13 juin 2026, la famille a décidé de reprendre les recherches en mains. Via les réseaux sociaux, un appel à la mobilisation a été lancé, rencontrant un écho bien au-delà des frontières du département.
Une quarantaine de volontaires ont répondu présent, certains parcourant des centaines de kilomètres pour prêter main-forte. Parmi eux, des proches mais aussi de parfaits inconnus, touchés par cette disparition inquiétante.
Un dispositif encadré par des professionnels
L’association Assistances et recherches de personnes disparues (ARPD) a supervisé l’opération. Les consignes étaient précises : repérer d’éventuels vêtements, photographier tout indice sans y toucher, et relever systématiquement la géolocalisation.
Sept zones distinctes avaient été tracées sur une carte des alentours de la station. Les équipes, composées de cinq à huit personnes chacune, ont ratissé méthodiquement les secteurs, y compris les zones escarpées et les chemins praticables pour une personne de cet âge.
Des témoignages empreints d’émotion
Maria, venue pour la première fois à ce type de recherche, confie : « Ça m’a parlé tout de suite », « C’est la première fois que je fais ça ». Son engagement illustre la solidarité spontanée qui s’est manifestée.
Un ancien militaire, habitué du massif, témoigne : « Cela fait quarante ans que je suis en Ariège, je connais bien la montagne. Il y avait aussi eu une disparition à Ussat-les-Bains ».
Patrice (prénom modifié), qui connaissait Suzon depuis deux décennies, reste désemparé : « C’était une personne gentille, calme. Je ne comprends pas ce qui a pu lui arriver ».
L’angoisse d’une famille dans l’attente
Les proches évoquent diverses hypothèses. Un membre de la famille souligne : « Elle aurait pu aller vers l’eau, pour boire ». Cette piste, parmi tant d’autres, illustre le désarroi ambiant.
Sur Facebook, une apparentée résume l’état d’esprit familial : « Les mois passent, l’angoisse et l’incompréhension perdurent ». Chaque jour qui passe creuse davantage le fossé entre l’espoir et la résignation.
Une battue infructueuse mais pas inutile
Après trois heures de recherches intensives, aucun élément nouveau n’a été découvert. Le terrain montagneux, couvert de végétation dense, complique considérablement les investigations.
Un ami d’un membre de la famille souligne le paradoxe : « Avec tous ceux qui passent ici, les randonneurs, les chasseurs, les pêcheurs, ils auraient sans doute vu quelque chose », avant d’ajouter : « Mais avec toutes les feuilles qu’il y a, on peut facilement passer à côté de quelque chose ».
Une recherche comparable à une quête impossible
Un des groupes résume parfaitement la difficulté de la mission : « On recherche une aiguille dans une botte de foin ». L’ARPD rappelle néanmoins l’importance de cette mobilisation : « Avoir autant de monde, ça permet d’occuper une surface importante ».
Un participant exprime son incompréhension : « C’est fou que l’on ne sache toujours rien, il y a tellement de scénarios possibles ». Fabien (prénom modifié) résume l’impasse : « Il y a énormément de « si », en fait on n’en sait vraiment rien ».
Une disparition qui interroge
Atteinte de la maladie d’Alzheimer, Suzon Marques présentait une vulnérabilité particulière. Cette pathologie neurodégénérative a pu altérer son sens de l’orientation et ses capacités de jugement.
Le mystère reste entier. Les mois passent et l’incompréhension perdure, laissant une famille meurtrie dans l’attente de réponses qui tardent à venir.
