
Crédit image copie ecran facebook : Christophe Barthes
Une scène surréaliste s’est produite à l’hôtel de ville de Carcassonne. Le maire d’extrême droite, Christophe Barthès, a utilisé un moyen pour le moins inhabituel face aux représentants syndicaux mobilisés : un jet d’eau en pleine séance publique. Cette action spectaculaire s’inscrit dans un bras de fer tendu autour de l’avenir de la Bourse du travail, occupée depuis près d’un siècle par plusieurs organisations syndicales.
Un geste provocateur devant les caméras
Le 25 juin dernier, lors d’un conseil municipal, les membres de la CGT, de Solidaires et de la FSU s’étaient rassemblés pour manifester leur opposition à l’expulsion annoncée. Face à cette mobilisation, le maire a sorti un arrosoir et aspergé les manifestants présents dans la salle.
Les syndicalistes ont réagi en s’écartant et en sifflant l’élu pour dénoncer cette provocation. Une vidéo de la scène, publiée par Christophe Barthès lui-même sur Facebook, montre le maire en train d’arroser la foule. Il y traite les manifestants de « bande de siphonnés » et parle de « fraîcheur ».
Une provocation assumée sur les réseaux sociaux
Dans la légende accompagnant sa vidéo, l’édile a écrit : « La canicule, c’est terminé ». Cette référence fait écho à une précédente publication où il se filmait en train de murer un local squatté, affichant une stratégie de communication provocatrice et décomplexée.
Ce n’était d’ailleurs pas la première action du genre. Quelques jours auparavant, le maire avait tendu des cartons de déménagement aux représentants syndicaux, un geste déjà perçu comme une provocation délibérée.
89 ans d’occupation menacée
Au cœur de ce conflit : la Bourse du travail de Carcassonne, occupée depuis 89 ans par la CGT, Solidaires et la FSU. La municipalité RN souhaite récupérer ce local municipal et a entamé une procédure d’expulsion.
Un commissaire de justice a été mandaté par la mairie pour constater officiellement l’occupation des lieux. Les syndicats disposent désormais de deux mois pour quitter le bâtiment.
La CGT refuse de plier sans décision judiciaire
Malgré l’ultimatum, la CGT refuse catégoriquement de partir sans une décision de justice. L’organisation syndicale dénonce une atteinte grave aux libertés syndicales et compte bien résister à cette expulsion qu’elle juge arbitraire.
Le bras de fer juridique et politique ne fait donc que commencer entre la municipalité d’extrême droite et les organisations syndicales historiquement implantées dans la ville. L’issue de ce conflit pourrait créer un précédent dans les relations entre élus RN et mouvements sociaux.
