
Crédit image @copie écran émission 4V Bally Bagayoko
Les soupçons autour de certaines pratiques électorales et professionnelles continuent d’alimenter les débats sur la transparence de la vie publique. Lorsqu’un responsable politique cumule fonctions et revenus, la frontière entre légalité et éthique peut rapidement devenir floue. C’est précisément ce qui vaut aujourd’hui à un élu francilien de se retrouver dans le viseur de la justice financière.
Une procédure judiciaire lancée en plein été
Depuis le 19 août dernier, Bally Bagayoko fait l’objet d’une enquête menée par le Parquet national financier. Cette procédure a été déclenchée suite à la publication de plusieurs articles de presse et aux plaintes déposées par l’association AC!! Anti-Corruption.
Les magistrats s’intéressent particulièrement au cumul de ses mandats d’élu avec un emploi occupé à la RATP. Les interrogations portent sur la compatibilité de son activité professionnelle avec ses fonctions électives, ainsi que sur les rémunérations perçues au titre de ces différentes responsabilités.
Des revenus cumulés qui posent question
Un empilement de sources de rémunération
Entre 2011 et 2014, les déclarations de revenus de l’intéressé révèlent un cumul substantiel de rémunérations. La RATP lui versait annuellement 51.447 euros, tandis que son mandat départemental lui rapportait 45.500 euros par an.
À cela s’ajoutaient 15.822 euros perçus au titre de ses fonctions au sein de la municipalité de Saint-Denis. Au total, ces revenus cumulés atteignaient 112.769 euros nets par an, soit environ 9.400 euros mensuels.
Une critique politique virulente en 2018
Philippe Carreau, élu communiste de Seine-Saint-Denis, avait publié un article au titre évocateur en 2018 : « Le cœur à gauche et le portefeuille à droite ». Dans ce texte, il dénonçait une rémunération confortable qu’il jugeait problématique d’un point de vue éthique et moral.
Une hausse d’indemnité qui fait polémique
Un doublement après la perte d’un mandat
Après avoir perdu son mandat départemental en 2015, Bally Bagayoko a vu son indemnité d’adjoint au maire considérablement augmenter. Celle-ci est passée de 1.577 euros à 3.183 euros bruts par mois, soit une hausse de 102%.
Cette revalorisation n’a pas fait l’unanimité au sein du conseil municipal. Philippe Carreau avait d’ailleurs refusé de voter en faveur de cette augmentation, estimant qu’elle soulevait des questions de principe.
Un coût politique assumé
Selon l’élu communiste, sa position contre cette revalorisation lui aurait coûté politiquement. Il maintient néanmoins que son opposition relevait d’une cohérence avec ses convictions sur la limitation des rémunérations des élus.
