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Une décision rare vient de frapper un responsable religieux étranger en activité au Rwanda. Les autorités ont choisi de mettre fin à la présence d’un homme d’Église américain dont les déclarations publiques ont provoqué une vive polémique dans un pays encore marqué par son passé tragique.
Une expulsion motivée par des déclarations sur le génocide
Le gouvernement rwandais a expulsé Gregg Schoof, un pasteur originaire des États-Unis, pour avoir tenu des propos qualifiés d’irrespectueux concernant le génocide des Tutsis de 1994. Cette mesure intervient après une série de déclarations qui ont suscité l’indignation au sein de la population.
Selon Yolande Makolo, porte-parole officielle du gouvernement, le religieux a été renvoyé vers son pays d’origine. « Il a été expulsé pour avoir minimisé le génocide et en avoir fait une plaisanterie », a-t-elle précisé dans un communiqué.
Des propos choquants diffusés sur les réseaux sociaux
C’est par le biais d’une vidéo publiée sur YouTube que Gregg Schoof a provoqué la controverse. Dans cet enregistrement, le pasteur comparait de manière inappropriée la tragédie rwandaise à une simple dispute familiale.
« Imaginez que votre frère vous tue. Imaginez que votre mari vous tue. Bon, votre mari va vous tuer de toute façon. C’est juste une question de temps », avait-il déclaré face caméra, avant d’ajouter sur un ton désinvolte : « Mais votre frère ? C’est le génocide rwandais. Frère contre frère. C’est ce qui s’est passé ».
Une banalisation jugée inacceptable
Ces comparaisons ont été perçues comme une minimisation intolérable d’un événement qui a coûté la vie à environ 800 000 personnes en l’espace de trois mois, entre avril et juillet 1994. Les massacres perpétrés par les extrémistes hutus contre la minorité tutsie et les Hutus modérés constituent l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire contemporaine africaine.
Un parcours religieux controversé au Rwanda
Gregg Schoof dirigeait l’église Amazing Grace depuis plusieurs années dans la capitale rwandaise. Son établissement religieux, situé à Kigali, accueillait régulièrement des fidèles pour des offices en anglais.
Le pasteur s’était déjà distingué par le passé pour des positions tranchées et des méthodes peu conventionnelles. Sa présence sur les plateformes numériques était régulière, où il partageait ses sermons et réflexions personnelles.
Une sensibilité extrême autour de la mémoire du génocide
Au Rwanda, la mémoire du génocide reste un sujet d’une importance capitale. Le pays organise chaque année des commémorations nationales, et la négation ou la minimisation de ces événements est sévèrement réprimée par la loi.
Les autorités rwandaises ont toujours maintenu une politique de tolérance zéro envers toute forme de révisionnisme historique ou de banalisation des massacres de 1994. Cette expulsion s’inscrit dans cette ligne de conduite ferme.
Des conséquences immédiates pour sa communauté
Le départ forcé du pasteur américain laisse son église dans une situation délicate. Les fidèles de la congrégation Amazing Grace devront désormais trouver une nouvelle direction spirituelle.
Cette affaire souligne également les limites de la liberté d’expression lorsqu’il s’agit de sujets historiques sensibles, particulièrement dans un contexte de reconstruction nationale post-conflit.
