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La justice française vient de frapper un grand coup dans le monde de la chasse privée. Un entrepreneur fortuné se retrouve au cœur d’un scandale qui révèle des pratiques jugées cruelles et prohibées sur un vaste domaine de Sologne.
Une condamnation lourde pour des méthodes barbares
Le tribunal correctionnel d’Orléans a rendu son verdict ce mardi. Olivier Bouygues écope de deux ans de prison avec sursis et d’une amende de 750 000 euros pour « atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’espèces protégées ».
Les faits se sont déroulés dans le cadre somptueux du château de Fontenaille, situé à La Ferté-Saint-Aubin dans le Loiret. Un domaine privé de 750 hectares, dont 650 hectares entièrement clôturés, qui aurait facilité la traque d’animaux protégés.
Des techniques de chasse dénoncées comme inhumaines
La procureure de la République d’Orléans, Emmanuel Bochenek-Puren, n’a pas mâché ses mots lors du procès. Elle a qualifié les méthodes employées de « barbares » et « interdites ».
Parmi les espèces visées figurent des buses, des faucons, des cormorans, ainsi que divers mammifères. Des animaux bénéficiant normalement d’une protection légale stricte sur le territoire français.
Une peine initiale plus sévère
Le parquet avait initialement requis une sanction encore plus lourde : cinq ans de prison avec sursis. Le tribunal a finalement prononcé une peine moins importante, tout en maintenant une amende conséquente.
Un préjudice écologique chiffré à plusieurs centaines de milliers d’euros
Au-delà de la condamnation pénale, le tribunal a reconnu l’ampleur des dégâts environnementaux. 360 000 euros de préjudice écologique devront être versés, répartis entre neuf associations de protection de la nature.
One Voice, organisation partie civile dans cette affaire, s’est déclarée satisfaite du verdict. L’association réclame également des peines complémentaires visant à empêcher définitivement ces pratiques sur le domaine.
Des complices également sanctionnés
L’entrepreneur n’était pas seul dans cette affaire. Ses compagnons de chasse ont également été condamnés à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis, assorties d’amendes comprises entre 3 000 et 10 000 euros.
La SCEA Saint-Hubert, structure gestionnaire du domaine, devra quant à elle s’acquitter d’une amende de 100 000 euros.
Des fonds pour la protection de la faune solognote
Les associations bénéficiaires des dommages et intérêts ont d’ores et déjà annoncé leur intention. Les sommes perçues serviront à l’achat de terrains en Sologne afin de créer des zones sanctuaires pour les espèces vivantes.
Une façon symbolique de transformer ce scandale en opportunité pour la préservation de la biodiversité locale.
