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Disparue depuis plus de vingt ans, la vignette automobile pourrait faire son grand retour sous une forme modernisée. Face à l’électrification croissante du parc automobile et à la chute des recettes pétrolières, l’État cherche de nouvelles sources de financement pour compenser le manque à gagner fiscal lié à la transition énergétique.
Un système fiscal en perte de vitesse
Jusqu’en 2001, tous les automobilistes français devaient s’acquitter annuellement de la vignette automobile. Cette taxe, qui a perduré pendant 45 années, avait été finalement abandonnée il y a près d’un quart de siècle.
Aujourd’hui, l’Institut mobilités et transitions (IMT) tire la sonnette d’alarme concernant l’érosion des revenus issus de la fiscalité routière. Les chiffres sont éloquents : alors que ces recettes représentaient 5,6% des revenus publics en 2019, elles ne pèsent plus que 4,6% en 2025.
Les recettes fiscales liées à l’automobile devraient atteindre 67,5 milliards d’euros en 2025, soit environ 940 euros par véhicule. Mais sans mesure corrective, cette part pourrait chuter à seulement 3,4% d’ici 2035.
L’électrification du parc automobile, un défi budgétaire
La hausse des ventes de véhicules électriques constitue le principal facteur de cette baisse. Avec une progression de 30% des immatriculations de véhicules neufs électriques attendue mi-2026, les recettes issues des produits pétroliers fondent comme neige au soleil.
L’accise et la TVA prélevées sur les carburants fossiles rapportent actuellement 36,6 milliards d’euros en 2025. Mais ce montant pourrait s’effondrer dans les années à venir.
Un manque à gagner colossal
Les projections de l’IMT sont préoccupantes : le manque à gagner pour les finances publiques pourrait atteindre 8 milliards d’euros dès 2030, puis grimper à 22 milliards d’euros en 2035.
Une vignette électronique nouvelle génération
Pour compenser cette hémorragie fiscale, l’Institut mobilités et transitions propose l’instauration d’une taxe annuelle pour tous les véhicules, quelle que soit leur motorisation. Cette nouvelle mouture serait gérée de manière électronique, à l’opposé de l’ancien système papier.
L’IMT insiste toutefois sur la nécessité d’éviter les écueils de l’ancienne vignette, considérée comme injuste par de nombreux automobilistes à l’époque.
Des critères de calcul modernisés
L’ancienne vignette se basait uniquement sur la puissance fiscale du véhicule et le département d’émission. Le nouveau dispositif envisagé serait beaucoup plus sophistiqué et équitable.
Plusieurs paramètres pourraient être pris en compte : les revenus du ménage, le nombre de véhicules possédés, le type de motorisation, le lieu de fabrication (dans l’Union européenne ou non), ainsi que le lieu de résidence.
Quel impact sur le portefeuille des Français ?
Selon les estimations de l’IMT, cette vignette électronique pourrait générer environ 8 milliards d’euros de recettes dès 2030, compensant ainsi une partie significative du déficit budgétaire anticipé.
Un ménage modeste possédant une voiture électrique fabriquée dans l’UE devrait s’acquitter d’environ 30 euros par an. À l’inverse, un ménage aisé détenant plusieurs véhicules thermiques et résidant en centre-ville pourrait payer jusqu’à 910 euros annuellement.
Cette différenciation vise à créer un système progressif, où la contribution fiscale est proportionnelle aux capacités financières et aux choix de mobilité de chaque foyer.
