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Face à la montée des températures, les producteurs d’huîtres doivent redoubler d’ingéniosité pour préserver leurs précieux coquillages. Une solution inattendue émerge dans les bassins ostréicoles : l’installation de systèmes de climatisation pour maintenir les bivalves en vie avant leur commercialisation.
Un système de refroidissement vital pour les huîtres
Simon et David Hervé ont franchi le cap en équipant leurs installations de climatiseurs destinés à refroidir l’eau des bassins de stockage. L’objectif est clair : maintenir une température constante de 14 °C pour limiter le stress thermique des huîtres et réduire leur mortalité.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. Sans ce dispositif, le taux de mortalité oscille entre 5 et 10 %. Avec les climatiseurs, l’ambition est de descendre à seulement 3 %. Une amélioration significative quand on sait que la capacité de stockage atteint 15 à 20 tonnes par semaine.
Un investissement conséquent mais rentable
L’installation de ce système de climatisation représente un budget de près de 25 000 euros. Un montant important pour une exploitation ostréicole, mais qui se révèle rapidement amorti grâce à la diminution drastique des pertes.
Si la facture d’électricité risque de grimper de 30 %, les ostréiculteurs ont anticipé cette hausse en installant des panneaux photovoltaïques. Une démarche qui permet de compenser partiellement la consommation énergétique supplémentaire.
Une pratique qui se généralise dans la profession
Cette technique n’est pas totalement nouvelle. Dans le bassin de Marennes et à Oléron, les refroidisseurs et climatiseurs sont utilisés depuis longtemps déjà. Mais face à l’intensification du réchauffement climatique, de plus en plus d’ostréiculteurs franchissent le pas et s’équipent à leur tour.
Un avantage pour l’exportation
Au-delà de la simple survie des huîtres, ces climatiseurs facilitent l’obtention des certificats de purification obligatoires pour l’exportation. Un atout majeur quand on sait que la société des frères Hervé réalise entre 85 et 90 % de son chiffre d’affaires à l’export.
Une adaptation nécessaire mais insuffisante
Simon Hervé ne cache pas la réalité : « Nous sommes obligés d’augmenter notre production de froid pour nous adapter au changement climatique. » Sur le plan économique, le constat est sans appel : « C’est un non-sens économique de s’en passer. »
Toutefois, l’ostréiculteur est conscient des limites de cette solution. « Ces climatiseurs ne peuvent être l’unique solution, nous travaillons aussi sur l’ombrage ou l’implantation des bâtiments », précise-t-il, soulignant les efforts entrepris pour réduire l’impact climatique global de l’activité.
Une réorientation stratégique vers l’Europe
Pour diminuer leur empreinte environnementale, les frères Hervé ont pris une décision majeure : réduire le grand export en dehors de l’Union européenne. « Réduire notre impact passe par la réduction du grand export. Nous avons fait de réels efforts commerciaux pour développer nos ventes en Europe », explique Simon Hervé.
Cette stratégie porte ses fruits : les ventes en Europe ont bondi de 80 % ces dernières années, permettant de concilier performance économique et responsabilité environnementale.
