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Face à l’envolée continue des tarifs à la pompe, certains conducteurs tentent des solutions alternatives pour alléger leurs dépenses. Mais ces pratiques, parfois hasardeuses, peuvent rapidement se transformer en cauchemar financier bien plus coûteux que les économies espérées.
Le superéthanol E85, une option viable mais sous conditions
Le superéthanol E85 représente une solution économique avérée par rapport au sans-plomb 95. Cependant, cette alternative impose certaines contraintes techniques qu’il ne faut pas négliger.
Les véhicules doivent impérativement être équipés d’une injection électronique et d’un boîtier spécifique « E85 ». La consommation augmente de 20 à 30%, réduisant ainsi l’écart de prix entre les deux carburants.
Attention également à l’usure prématurée de certaines pièces mécaniques, provoquée par une température de combustion particulièrement élevée. Un paramètre à prendre en compte avant de franchir le pas.
L’huile de colza dans le réservoir : une pratique dangereuse
Certains automobilistes ont adopté une méthode encore plus radicale : « Voilà, 95 centimes au lieu de 2,23 euros, je gagne plus de 50 euros sur mon plein », se réjouissent-ils en ajoutant de l’huile de colza à leur diesel.
Cette pratique connaît même une pénurie dans les rayons : « L’huile de colza, il n’y en a quasiment plus », constate-t-on dans certains commerces.
Des dégâts invisibles mais catastrophiques
Pourtant, les conséquences se révèlent désastreuses. « Ce qu’on ne voit pas, c’est l’agonie à petit feu du système d’injection du véhicule », alertent les professionnels de la mécanique.
La viscosité de l’huile non raffinée provoque un encrassement rapide et des dommages irréversibles aux composants du moteur. Après quelques pleins seulement, le véhicule peut devenir complètement inutilisable.
Une facture qui explose chez le garagiste
Les réparations nécessaires suite à ces expérimentations peuvent atteindre des sommets vertigineux. Un garagiste évoque des interventions pouvant grimper jusqu’à 5.000 euros pour un moteur endommagé.
Les mauvaises surprises s’accumulent : l’assurance refuse généralement de couvrir ces sinistres, la garantie constructeur est immédiatement annulée, et le passage du contrôle technique devient impossible si un produit non déclaré est détecté.
Une situation préoccupante pour les ménages modestes
« Je ne blâme surtout pas ceux qui le font, parce qu’ils sont asphyxiés par le gouvernement. Mais je veux alerter sur ce que ça va leur coûter », souligne un observateur du secteur automobile.
La conversion à l’éthanol, une solution pérenne
Pierre Chasseray recommande plutôt la conversion officielle des véhicules à l’éthanol, un investissement de 600 euros qui peut être amorti en seulement un an d’utilisation.
Cette solution légale évite les risques mécaniques et juridiques tout en permettant de réaliser des économies substantielles. Une perspective d’autant plus intéressante que le prix de l’essence ne devrait plus descendre sous la barre des 1,75 euro le litre, quelles que soient les aides gouvernementales ou les évolutions géopolitiques.
