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Après des décennies de lutte contre un projet d’aéroport finalement abandonné, Notre-Dame-des-Landes se retrouve à nouveau au cœur d’une polémique. Cette fois, ce ne sont pas des pistes d’atterrissage qui inquiètent les habitants, mais un dispositif de compensation écologique lié à la construction d’un centre de rétention administrative à Nantes. Une situation qui ravive les tensions dans ce territoire emblématique de la contestation.
Un projet de centre de rétention qui fait débat
Le ministère de l’Intérieur entend faire passer le nombre de places en rétention administrative de 2 187 à 3 000 d’ici 2027. Dans ce cadre, un nouveau centre de rétention administrative doit voir le jour dans la métropole nantaise.
Pour compenser la destruction d’une forêt urbaine occasionnée par cette construction, l’État a prévu d’utiliser des parcelles situées à Notre-Dame-des-Landes. Une stratégie qui ne passe pas auprès des habitants et des militants écologistes.
Des terres de la ZAD utilisées pour une compensation contestée
Les parcelles concernées se trouvent sur le territoire de l’ancienne Zone à Défendre, lieu de résistance historique contre le projet d’aéroport. Elles serviraient de compensation environnementale pour l’abattage d’arbres à plusieurs kilomètres de là.
Christine, membre de l’association Notre-Dame-des-Landes Poursuivre ensemble, affiche son opposition ferme au projet. Benjamin Cuena, de la coordination Colère CRA, critique vivement cette logique de compensation à distance.
Une justification qui ne convainc pas
Le préfet de Loire-Atlantique a détaillé les mesures prévues : désartificialisation des sols, déblaiement des remblais, décompactage et amendement de terre agricole, renforcement des haies et ramassage des déchets.
Des arguments qui peinent à convaincre les opposants au projet, qui dénoncent une aberration écologique et un détournement symbolique des terres de la ZAD.
La mobilisation s’organise
Face à cette nouvelle menace, les habitants ne restent pas les bras croisés. Une manifestation s’est déjà tenue devant la préfecture pour protester contre l’abattage des arbres nécessaire à l’édification du centre de rétention.
Un rassemblement est programmé pour le 10 octobre sur les parcelles menacées. L’objectif : réunir les anciens zadistes et sympathisants pour faire barrage à ce qu’ils considèrent comme une trahison des valeurs défendues lors de la lutte contre l’aéroport.
Un symbole écorné
L’utilisation de terres de Notre-Dame-des-Landes dans ce contexte ravive des plaies encore fraîches. Après la victoire contre l’aéroport, nombreux sont ceux qui espéraient voir ce territoire devenir un modèle alternatif d’occupation et de gestion des sols.
Voir ces mêmes terres servir de variable d’ajustement pour un projet gouvernemental d’enfermement administratif est perçu comme une provocation par les défenseurs historiques du site.
