
Beauté Corse Solennelle
La Corse a été secouée par un nouvel épisode sanglant dans la longue histoire des règlements de compte qui marquent l’île de Beauté. Une figure emblématique du nationalisme corse et du monde sportif local vient de tomber sous les balles d’un tireur, dans des circonstances qui rappellent les heures sombres des guerres fratricides corses.
Un assassinat en pleine cérémonie funéraire
Alain Orsoni, 71 ans, a été abattu le 12 janvier à Vero, en Corse-du-Sud, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère. L’attaque s’est produite aux alentours de 16h30, selon les premières informations recueillies par les enquêteurs. Les circonstances suggèrent l’intervention d’un tireur embusqué, potentiellement un sniper, qui aurait agi avec précision lors de cette cérémonie familiale.
Le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, a rapidement confirmé les faits et annoncé l’ouverture d’une enquête pour assassinat en bande organisée. La gravité de l’affaire a conduit à une co-saisine de la police et de la gendarmerie.
Une affaire qui inaugure le nouveau Parquet national anti-criminalité organisée
L’enquête sur cet homicide a pris une dimension nationale avec la saisine du tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco). Ce meurtre devient ainsi la première affaire traitée par cette institution, créée seulement quelques jours plus tôt, le 5 janvier.
Les enquêteurs devront démêler les nombreuses pistes possibles, tant la victime avait accumulé les inimitiés tout au long de son parcours mouvementé dans le monde nationaliste et les affaires corses.
Un parcours nationaliste controversé
Figure majeure du mouvement nationaliste corse, Alain Orsoni avait occupé des positions importantes dans plusieurs organisations indépendantistes. Ancien chef du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), il avait également fondé le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), que ses détracteurs surnommaient ironiquement « Mouvement pour les affaires ».
Son parcours avait été marqué par de multiples exils. En 1996, suite à des tensions internes au mouvement nationaliste, il avait quitté la Corse pour s’établir successivement en Floride, au Nicaragua, puis en Espagne, avant de revenir sur son île natale après 13 années d’absence.
Une vie sous la menace permanente
La violence avait déjà frappé la famille Orsoni par le passé. Son frère Guy avait été assassiné en 1983, et Alain lui-même avait échappé à plusieurs tentatives d’assassinat au cours de sa vie. En 2008, les forces de l’ordre avaient déjoué un projet visant à l’éliminer.
Après son retour d’exil, Orsoni s’était impliqué dans le monde sportif en prenant les rênes de l’AC Ajaccio à la suite du décès de Michel Moretti, apportant sa personnalité controversée au club de football.
Des tensions persistantes dans le milieu corse
En 2012, alors que plusieurs personnalités proches du club d’Ajaccio avaient été assassinées, Alain Orsoni s’était exprimé publiquement. Il avait alors dénoncé ce qu’il considérait comme une « cabale médiatique » à son encontre.
Connu pour ses intérêts dans le secteur des jeux, Orsoni demeurait une figure polarisante dans le paysage corse, entre admirateurs et détracteurs. Son assassinat risque de raviver des tensions anciennes et d’ouvrir un nouveau chapitre dans la chronique des règlements de compte insulaires.

J’espère que la famille à prévu un caveau, c’est qui le prochain dans la liste.?