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Un drame s’est produit dans une petite commune des Côtes-d’Armor qui soulève de graves questions sur les limites de l’intervention citoyenne face aux troubles psychiatriques. Une habitante connue pour ses problèmes de santé mentale a perdu la vie lors d’une opération menée par des représentants locaux, sans cadre légal approprié.
Un décès tragique dans le hameau de Launey Hellon
Le 7 avril dernier, Catherine Josselin, âgée de 66 ans, est décédée à son domicile de Plouasne. Cette résidente de longue date du hameau de Launey Hellon souffrait de troubles psychiatriques et ne suivait plus son traitement médical depuis plusieurs mois.
La situation s’était déjà dégradée en octobre 2023, lorsqu’elle avait agressé un voisin avec une paire de ciseaux, causant neuf jours d’incapacité totale de travail. Cet incident avait alerté les autorités locales sur son état de santé préoccupant.
Une intervention sans procédure légale
Face à la détérioration de la situation, le maire Michel Daugan et un conseiller municipal ont décidé d’intervenir directement. Leur objectif : faire hospitaliser la sexagénaire en service psychiatrique. Mais aucune procédure d’hospitalisation sous contrainte n’avait été engagée au préalable.
Les élus ont tenté de maîtriser physiquement Catherine Josselin. La femme a été maintenue au sol, face contre terre, les jambes attachées à l’aide d’une corde et d’une sangle. Cette immobilisation forcée a entraîné sa mort par suffocation.
Quatre élus placés en garde à vue
Les conséquences judiciaires n’ont pas tardé. Michel Daugan, maire de la commune, Jean-Michel Hamonet, conseiller municipal, ainsi que deux autres élus ont été placés en garde à vue suite au décès.
Une enquête a été ouverte pour trois chefs d’accusation distincts : arrestation arbitraire ayant entraîné la mort, violences volontaires en réunion ayant causé le décès sans intention de le donner, et non-assistance à personne en danger.
Les preuves matérielles saisies
Des perquisitions ont été menées dans le cadre de l’investigation. Les enquêteurs ont notamment retrouvé la corde et la sangle utilisées pour immobiliser la victime, des éléments cruciaux pour reconstituer les circonstances exactes du drame.
Cette affaire met en lumière les dangers d’interventions non encadrées auprès de personnes souffrant de troubles mentaux, une problématique qui nécessite une prise en charge médicale et légale appropriée.
