
Crédit image @adobe stock / police homme torturé
Une affaire de violence conjugale particulièrement dramatique s’est déroulée dans un établissement de restauration du XVIIe arrondissement de Paris. Une femme de 32 ans, mise en examen pour tentative d’assassinat après avoir poignardé son compagnon, vient d’être remise en liberté après plusieurs mois de détention. Cette décision de justice relance le débat sur les violences au sein du couple et la notion de légitime défense.
Une violente altercation sous les yeux d’une enfant
Le drame s’est déroulé le 22 mars dernier, aux alentours de 20h10, dans un restaurant équatorien situé avenue de Saint-Ouen. Estefani R., 32 ans, et son conjoint John Paul se sont violemment disputés dans la cuisine de l’établissement. La situation a rapidement dégénéré lorsque la jeune femme a saisi un couteau et l’a planté dans le ventre de son compagnon.
Selon plusieurs témoins présents ce soir-là, John Paul aurait reçu plusieurs coups de lame. Plus choquant encore, toute la scène s’est déroulée sous les yeux de leur fille de seulement 2 ans.
Après l’agression, les secours ont été immédiatement appelés. Les pompiers ont pris en charge la victime et l’ont transportée à l’hôpital Beaujon de Clichy pour recevoir des soins d’urgence.
Une fuite rapidement interrompue
Aussitôt après les faits, Estefani R. a quitté précipitamment les lieux, emportant avec elle son enfant dans sa poussette. Sa cavale n’aura cependant duré que trente minutes. Grâce aux images de vidéosurveillance, les forces de l’ordre ont pu localiser et interpeller la suspecte dans le métro à Saint-Denis, alors qu’elle tentait de regagner son domicile.
Lors de l’enquête, les policiers ont saisi trois couteaux sur les lieux du crime, mais les investigations ont révélé qu’aucun d’entre eux ne correspondait à l’arme utilisée pour poignarder John Paul.
Des aveux et une défense fondée sur les violences subies
Placée en garde à vue, Estefani R. n’a pas nié les faits. Elle a reconnu avoir poignardé son compagnon, mais a immédiatement évoqué un contexte de violences répétées et la légitime défense pour justifier son geste.
« Il a été constaté que j’avais dix-huit lésions sur l’ensemble de mon corps. Je n’ai fait que me défendre. » a-t-elle déclaré lors de son audition. Elle a également tenu à souligner son parcours sans incident jusqu’alors : « Je vis en Europe depuis l’âge de six ans et je n’ai jamais eu un mauvais comportement. »
Une libération après neuf mois de détention
Mise en examen pour « tentative d’assassinat » en mars 2023, Estefani R. avait été placée en détention provisoire. Ce mardi, la chambre de l’instruction de Paris a finalement décidé de la remettre en liberté, neuf mois après les faits.
Cette décision intervient après plusieurs tentatives infructueuses. Comme l’a souligné Me Noémie Gorin, son avocate : « Cette femme s’est défendue dans un contexte de violence grave. Il est temps de la laisser reprendre sa vie. »
Un passé traumatique au cœur de la défense
Pour appuyer sa plaidoirie, Me Gorin a évoqué le lourd passé de sa cliente, marqué par des traumatismes successifs. Victime d’un viol par un proche durant son enfance en Équateur, Estefani R. aurait également subi des violences conjugales lors d’un précédent mariage en Espagne.
L’avocate a également rappelé que le juge d’instruction avait déjà tenté à trois reprises de rendre sa liberté à sa cliente, mais que la cour avait systématiquement tranché en faveur du maintien en détention jusqu’à présent.
La procédure judiciaire n’est toutefois pas terminée. Une expertise psychologique est prévue pour évaluer la personnalité et la potentielle dangerosité d’Estefani R., dont les conclusions pourraient influencer la suite de l’affaire.

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