
Justice Landes Tribunal
Le drame familial se déroule actuellement devant la cour d’assises des Landes, où une mère de famille de 53 ans comparaît pour des faits d’une extrême gravité qui ont bouleversé l’entourage de cette famille. Entre accusations d’empoisonnement, mort suspecte et relations familiales toxiques, ce procès met en lumière une affaire aux multiples zones d’ombre.
Une mère face à de lourdes accusations
Maylis Daubon, 53 ans, se retrouve sur le banc des accusés pour des faits particulièrement graves. Elle est soupçonnée d’avoir empoisonné ses deux filles et d’avoir cherché à faire assassiner son ex-mari. Des accusations qu’elle réfute catégoriquement.
« Je suis terrorisée d’être ici, accusée de faits horribles » que « rien au monde n’aurait pu me faire commettre », a-t-elle déclaré à la barre. L’accusée affirme avec véhémence son innocence : « Je suis innocente (…), je suis dévastée du décès de mon enfant, c’est un chagrin abyssal ».
Le décès mystérieux d’Enea
L’affaire remonte au 19 novembre 2019, date à laquelle Enea, la fille aînée de Maylis Daubon, a été retrouvée en arrêt respiratoire à son domicile. Malgré les tentatives de réanimation, la jeune femme n’a pas survécu.
Les examens toxicologiques ont révélé des éléments troublants : une dose létale de Propranolol ainsi que la présence de 22 molécules différentes dans son organisme. Les analyses ont également mis en évidence une consommation régulière de cannabis.
Deux versions contradictoires
Concernant ce décès, les versions s’opposent frontalement. Maylis Daubon soutient la thèse du suicide, tandis que l’accusation évoque un empoisonnement délibéré.
Le père de la victime porte de graves accusations contre son ex-épouse. Selon lui, sa fille « n’avait pas de pathologie », sa mère en a « inventé » pour la mettre « sous emprise psychique, puis chimique ».
Un possible syndrome de Münchhausen par procuration
Les éléments recueillis par les enquêteurs dessinent le portrait d’une femme qui aurait potentiellement manipulé l’état de santé de ses filles. Une psychologue avait d’ailleurs évoqué la possibilité d’un syndrome de Münchhausen par procuration, trouble mental qui pousse un parent à inventer ou provoquer des symptômes chez son enfant.
Plusieurs témoins ont rapporté que Maylis Daubon prétendait que sa fille Enea était en soins palliatifs pour une leucémie, information qui s’est révélée fausse. Face à ces accusations, l’accusée répond : « C’est tout simplement n’importe quoi, pourquoi me serais-je exposée à dire des âneries pareilles ? ».
Des incohérences relevées
Les enquêteurs ont noté plusieurs contradictions dans les déclarations de la mère, ainsi que des émotions qui leur sont apparues comme « surjouées ». Par ailleurs, la sœur de la victime a affirmé qu’Enea avait des « projets d’avenir », ce qui contredit la thèse du suicide.
Des soupçons qui s’étendent à la cadette
L’affaire a pris une nouvelle ampleur lorsque des traces de médicaments ont été découvertes dans les cheveux de Luan, la fille cadette de Maylis Daubon. Ces substances n’avaient fait l’objet d’aucune prescription médicale, ce qui a conduit à une mise en examen supplémentaire de la mère.
Une personnalité questionnée
Au-delà des faits d’empoisonnement présumés, c’est aussi la personnalité de l’accusée qui est scrutée. Maylis Daubon est soupçonnée d’avoir menti sur ses activités professionnelles, ce qu’elle conteste : « Elle a inventé des métiers, peut-être, et alors ? Ça fait d’elle une empoisonneuse ? ».
Elle se présente comme « conseillère en formation continue », mais plusieurs témoins ont évoqué d’autres professions dont elle se serait vantée.
Un mystère familial
L’un des aspects les plus troublants de cette affaire réside dans le flou entretenu autour de la santé d’Enea. Comme l’a souligné un témoin : « Personne ne connaissait réellement la maladie d’Enea ».
Le procès, qui a débuté avec intensité, doit se poursuivre jusqu’au 3 décembre. La cour devra déterminer si Maylis Daubon est coupable des faits qui lui sont reprochés ou si, comme elle le clame, elle est innocente des actes terribles dont on l’accuse.

Si elle est reconnue coupable, elle ne faut plus qu’elle sorte de prison ou d’un hôpital psychiatrique.