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Un rapport accablant vient de révéler des pratiques choquantes au cœur d’une institution méconnue de la capitale. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté tire la sonnette d’alarme après sa visite dans un établissement censé soigner, mais qui viole gravement les droits fondamentaux des personnes hospitalisées.
Un établissement hors de tout contrôle
L’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris occupe une position juridique unique qui soulève de nombreuses questions. Contrairement aux établissements de soins psychiatriques classiques, elle est rattachée au ministère de l’Intérieur et non au système de santé traditionnel.
Cette particularité administrative a des conséquences dramatiques : l’établissement échappe aux contrôles habituels des autorités sanitaires et juridictionnelles. En 2025, ce sont 1 456 personnes qui ont franchi les portes de cette structure, sans bénéficier des garanties normalement accordées aux patients psychiatriques.
Des atteintes graves à la dignité humaine
Les constats effectués lors de la visite de mars révèlent une réalité glaçante. Les patients sont privés de sous-vêtements, n’ont pas accès aux douches ou aux toilettes dans des conditions dignes. L’établissement peut accueillir quatorze personnes, mais en héberge effectivement douze.
Plus troublant encore, les surveillants policiers restent présents pendant les soins, portant ainsi atteinte au secret médical qui devrait protéger les échanges entre médecins et patients. Cette présence permanente des forces de l’ordre transforme un lieu de soin en espace carcéral.
Des pratiques d’un autre âge
Le rapport dénonce la systématisation des mises à l’isolement et des mesures de contention, qualifiées d’illégales. Le contrôleur général va jusqu’à comparer ces méthodes à celles utilisées pour les animaux, soulignant l’indignité de ces pratiques.
Une privation de liberté sans garanties juridiques
Les dysfonctionnements ne se limitent pas aux conditions matérielles. Les patients subissent un maintien arbitraire dans l’établissement, sans que les procédures légales soient respectées. Les certificats médicaux ne leur sont pas notifiés, pas plus que les voies de recours dont ils disposent.
L’accès à un avocat commis d’office, droit pourtant fondamental pour toute personne privée de liberté, leur est également refusé. Cette absence totale de garanties juridiques place les patients dans une situation de vulnérabilité extrême.
Des recommandations urgentes
Face à ce tableau alarmant, le contrôleur général formule des recommandations claires. Il exige que soit garanti le respect de la dignité et de l’intimité des personnes hospitalisées, principes pourtant élémentaires dans tout établissement de soins.
Ces préconisations interrogent sur la pérennité d’une structure qui semble incompatible avec les standards actuels en matière de psychiatrie et de droits des patients. La question de sa mise en conformité ou de sa fermeture pourrait se poser dans les prochains mois.

ça commence à bien faire !! Les droits des patients je veux bien mais pour avoir bossé en psychiatrie, il faudrait peut-être expliquer certaines choses à savoir : la mise en isolement est souvent nécessaire quand il y a atteinte à l’ordre public ou risque pour le patient ou « les autres ». Ce n’est pas une « punition » mais un moyen pour le personnel de pouvoir mieux surveiller et soigner, et pour le patient d’être coupé des stimulis qui peuvent le perturber et aggraver l’angoisse. Dans cet isolement, on ne laisse au patient rien dont il pourrait se servir pour se faire du mal, donc pas de stylo, pas de rasoir, et aussi pas de sous-vêtements à cause des élastiques dont il pourrait se servir pour s’étrangler ( si si !!). C’est facile pour les « inspecteurs » de critiquer, moi j’ai toujours dit qu’il faudrait qu’ils viennent nous montrer comment faire avec un patient bien agité et qu’ils s’en occupent avec leurs méthodes !!! Mais c’est plus facile de condamner et de laisser le personnel se prendre les coups !!
Eh oui, ils sont « trop » malades pour être jugés mais trop bien portants pour avoir besoin d’être surveillés pour protéger le personnel soignant. Je suis tout à fait d’accord avec vous, les gens qui sont outrés par leurs conditions de détention jugent assis confortablement dans leur salon ou veulent preuve d’empathie mais seulement envers les malades.
Je vous donne raison cela ne doit pas être facile, pour rien au monde je n’aurais jamais fait ce métier…..