
Corse Justice Mafia
Treize ans après le meurtre sanglant d’un éminent avocat corse sur l’île de Beauté, la justice s’apprête à juger les présumés responsables de cet acte qui avait bouleversé la Corse et le monde judiciaire. Ce procès très attendu mettra en lumière les rivalités meurtrières entre clans du banditisme insulaire et leurs conséquences dramatiques.
Un assassinat brutal qui avait choqué la Corse
Le 16 octobre 2012, la Corse se réveillait sous le choc. Antoine Sollacaro, avocat de renom âgé de 63 ans, était abattu de six balles de calibre 11.43 alors qu’il stationnait sa Porsche Carrera dans une station-service. Ce meurtre avait particulièrement marqué les esprits, tant par sa violence que par la notoriété de la victime.
Sollacaro n’était pas n’importe quel avocat. Il avait notamment assuré la défense de personnalités controversées comme Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet Érignac, et d’Alain Orsoni, figure du nationalisme corse. Une proximité qui, selon les enquêteurs, lui aurait coûté la vie.
Quatre accusés aux profils distincts
Le procès s’ouvre à Aix-en-Provence
C’est le 3 novembre 2025 que s’ouvrira ce procès hors norme devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Quatre membres présumés du banditisme corse devront répondre de cet assassinat, ainsi que d’une autre tentative de meurtre sur une victime différente.
Des accusés aux situations particulières
André Bacchiolelli, 58 ans, comparaîtra en détention. Principal accusé, il fait face aux charges les plus lourdes dans ce dossier.
Michaël Etorri, 52 ans, est quant à lui poursuivi pour « association de malfaiteurs criminelle ». Son procès se déroulera en son absence, puisqu’il est en fuite depuis 2020 et figure toujours sur la liste des personnes recherchées.
Un tétraplégique et un repenti parmi les accusés
Le cas de Jacques Santoni, 48 ans, est particulier. Tétraplégique, il a déjà obtenu d’être dispensé de présence lors d’un précédent procès surnommé « Email Diamant ». Sa situation médicale pourrait à nouveau influencer les modalités de sa comparution.
Patrick Gionvannoni présente un profil inédit : poursuivi pour « association de malfaiteur », il est devenu le premier repenti officiellement reconnu par la justice française. Il vit désormais sous une nouvelle identité, ce qui soulève des questions sur les conditions de sa participation au procès.
Une guerre de clans comme toile de fond
Selon les éléments de l’enquête, l’assassinat d’Antoine Sollacaro s’inscrirait dans le contexte d’une guerre entre clans rivaux. La victime aurait payé de sa vie sa proximité avec Alain Orsoni, dont le clan était en conflit ouvert avec celui dit du « Petit Bar ».
Ces rivalités meurtrières ont ensanglanté la Corse pendant des années, faisant de nombreuses victimes dans les rangs des différentes factions du grand banditisme insulaire.
Un verdict attendu avant les fêtes
Après plusieurs semaines d’audiences qui s’annoncent tendues et riches en révélations, le verdict de ce procès majeur devrait être rendu le 12 décembre. Il pourrait marquer un tournant dans le traitement judiciaire du grand banditisme corse, particulièrement avec la présence d’un repenti parmi les accusés.
Ce procès sera également l’occasion de rendre justice à Antoine Sollacaro, figure du barreau corse dont l’assassinat avait profondément marqué l’île et la profession d’avocat tout entière.
