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Une croisière d’expédition dans l’Atlantique Sud se transforme en cauchemar sanitaire. Le MV Hondius, navire transportant près de 150 personnes, est confronté à une épidémie d’hantavirus qui a déjà coûté la vie à trois passagers européens et placé plusieurs autres dans un état critique.
Un bilan humain alarmant
L’Organisation mondiale de la Santé a confirmé trois décès liés à cette épidémie. Un passager néerlandais âgé de 70 ans a développé les premiers symptômes le 6 avril avant de succomber cinq jours plus tard, le 11 avril. Aucune analyse microbiologique n’avait été effectuée à ce stade.
Son épouse, une Néerlandaise de 69 ans, a été transportée en urgence à Johannesburg où elle est décédée le lendemain de son admission. La confirmation de l’infection par hantavirus n’est intervenue que le 4 mai, déclenchant une recherche active des autres passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesburg.
Une ressortissante allemande constitue la troisième victime de cette épidémie. Elle a présenté des symptômes le 28 avril et est décédée le 2 mai.
Plusieurs malades dans un état préoccupant
Un passager britannique de 69 ans, dont l’infection a été confirmée en laboratoire, se trouve actuellement dans un état critique mais stable à Johannesburg. Son cas illustre la gravité potentielle de cette maladie virale.
Trois autres cas suspects ont été identifiés à bord, dont deux membres d’équipage nécessitant des soins médicaux urgents. Des équipes médicales déployées au Cap-Vert procèdent actuellement à des prélèvements supplémentaires pour établir un diagnostic précis.
Une opération d’évacuation sanitaire est en préparation depuis le Cap-Vert pour prendre en charge ces trois cas suspects.
Un virus transmis par les rongeurs
L’hantavirus se transmet principalement par l’intermédiaire de rongeurs sauvages. Les morsures, le contact direct avec les déjections animales ou l’inhalation de poussière contaminée constituent les principaux modes d’infection.
Le séquençage du virus est actuellement en cours en Afrique du Sud pour identifier précisément la souche responsable de l’épidémie. L’hypothèse privilégiée par l’OMS pointe vers le virus des Andes, connu pour sa capacité de transmission interhumaine limitée.
Malgré la gravité de la situation à bord, l’Organisation mondiale de la Santé estime que le risque pour le reste de la planète demeure « faible ».
147 personnes confinées à bord
Le navire transporte au total 147 personnes : 88 passagers et 59 membres d’équipage représentant 23 nationalités différentes. Tous sont actuellement confinés dans leurs cabines par mesure de précaution.
Parmi les passagers, on dénombre 19 Britanniques, 17 Américains, 13 Espagnols et 5 Français. L’équipage est majoritairement composé de 38 Philippins et 5 Ukrainiens.
Un itinéraire bouleversé
L’expédition avait quitté Ushuaïa le 1er avril avec pour ambition de traverser l’Atlantique Sud, incluant des escales en Antarctique et sur plusieurs îles isolées. Un périple qui devait être l’aventure d’une vie pour nombre de passagers.
Les autorités discutent actuellement d’un éventuel déroutement du navire vers les Canaries ou directement vers les Pays-Bas, afin de permettre une prise en charge médicale optimale des personnes touchées et la mise en quarantaine des autres occupants.
